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ANNÉE 1444 .
A la date de i444 ? hi chronique des chanoines contenait:des détails intéressans, qui répandaient du jour sur le ré-gime et la forme de notre collégiale, aussi bien que sur lapart que les Neuchâtelois eurent au célèbre combat de St.-Jacques.
Le chanoine Henri Purry de Rive, chroniqueur, ob-servait qu’un induit du pape Eugène IV , de l’an i433,semblait accorder sans distinction l’entrée au chapitre,moyennant que le candidat eût été gradué à l’université deParis ou à celle de Bâle ; d’où il résultait que les canonicatsétaient ou seraient postulés par des personnes qui déplai-saient aux anciens chanoines, et qui, à l’aide de faiblesétudes faites à Bâle , et de degrés obtenus légèrement ou àprix d’argent, auraient bientôt envahi le chapitre. Ces mo-tifs déterminèrent le prévôt et les chanoines à envoyer, avecl’approbation du comte Jean, deux membres de confiance,Antoine de Chauvirey et Henri Purry de Rive, vers le papeFélix V , alors siégeant au concile de Bâle, pour obtenir unnouvel induit par lequel il ne pût désormais y avoir à la foisdans le chapitre que quatre non-nobles, avec titre de doc-teurs en théologie, gradués à l’université de Paris ou à cellede Bâle , avec préférence accordée aux gradués de Paris .Ils obtinrent leur demande très-facilement.
Sur ces entrefaites, le dauphin de France , à la tête d’unenombreuse armée, arriva dans les environs, menaçant Bâle et le concile. Nos deux chanoines se hâtèrent de terminerleurs affaires et de rentrer chez eux. Vers le soir de leurpremière journée, ils rencontrèrent ce fameux bataillon de1600 Suisses , détachés du camp des confédérés avec ordrede se jeter dans Bâle à tout prix. « Grandement esbahis et» marris fûmes-nous, trouvant ycelle bande tant petite, aua demourant. joyeuse et advenante, oncques ne se vit jou-