Band 
Tome second.
Seite
299
JPEG-Download
 

299

» venesse plus merveilleusement belle et accorte ; des nos-» très étaient cinquante, sous ordonnance de Albert de» Tissot, vaillant chevalier, nous témoignant force aise et» contentement de notre improvise advenue. De ce ad visés» tout dabord aulcuns des principaux des ligues, yceulx» nous requirent leur bailler devisement des choses à nous» cognues à lendroit de Basle : sur ce, leur remontrâmes» que losf (') du dauphin comportait vingt et cinq, voire» trente mille Armaignacs, champovants et spoliants monts» et vaux par alentour la ville et circuit dy celle ; et» semblait ugne entreprise non humaine de vouloir avecque» si petit reconfort gaigner les portes à lencontre de telle» épouvantable moultitude. Ung des dits seigneurs des li-» gués (et semblait ycelui chevalier par grave et souperbe» prestance avoir auctoritey), respondit : Si fault-il que» ainsi soit fait demain , et ne pouvant rompre à la force» les dicts empeschements, nous baillerons nos âmes à Dieu ,» et nos corps aux xlrmaignacs. »

Ce passage exprimé avec une naïveté intéressante, estdautant plus remarquable que les historiens saccordent àdire que ce détachement était composé de lélite de larméedes Suisses ; ce qui est une preuve de la confiance et des liai-sons toujours plus intimes dont jouissaient les Neuchâteloisau milieu des confédérés , à force de partager leurs expé-ditions militaires. Il est bien naturel dapprendre avecplaisir, que nos ancêtres ont été pour quelque chose danscette célèbre journée décrite en termes si magnifiques parle pape Pie II , alors simple ecclésiastique, témoin des pro-diges de valeur de cette poignée dintrépides, quil comparelui-même dans son journal aux Spartiates des Thermopyles.

Le chanoine Henri Purry de Rive, après avoir exalté lin-trépidité de ces Suisses qui se dévouèrent tous à la mort aux(') Larmée.