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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1795. 03

liait elle-même en décrétant l’amnistie pour tous les délits révolution-naires; et, chose remarquable, l’assemblée qui avait tant abusé de lamort prononça l’abolition de cette peine à la paix générale. Ainsi, uneloi

sans laquelle l’Europe n’aura jamais complété sa civilisation; uneloi qui est la parole du christianisme; cette loi existe parmi nous, elleest due à la convention! Hélas! à la paix de Paris , on oublia sans doutede proclamer cette belle loi, que par pudeur on n’a jamais osé rappor-ter. Le même jour, après ce noble adieu, après cette réparation à laFrance , après ce grand hommage à la morale et à la religion, la con-vention termine son existence politique en se formant en corps électoralpour compléter par un nouveau tiers la députation nationale. Les troistiers réunis se constituent en corps législatif pour opérer leur divisionen deux conseils. On donne le château des Tuileries aux Anciens, lasalle du Manège aux Cinq-Cents. La quatrième législature proclaméenomme, sous le nom de directoire, un conseil exécutif composé de cinqmembres. Le choix tombe sur les conventionnels La Eéveillière-Lépaux,Letourneur de la Manche, Revvbell, Barras et Carnot. Le directoires’établit au palais du Luxembourg. Bonaparte , qui vient de conquérirta constitution de l’an III sur la faction aristocratique de Paris , reçoitle commandement en chef de l’armée de l’intérieur, que la nominationde Barras au directoire a laissé vacant. Peu de jours après, marié avecmadame Beauharnais, il est nommé général en chef de l’armée d’Italie .Cette armée a deux fois changé de chef depuis le départ de Bonaparte .Humerbion avait été remplacé par Kellermann, et Kellermann parSehérer. Mais celui-ci n’a pas su profiter des deux victoires du ‘23 etdu 24 décembre, où Masséna, avec trente mille hommes, avait défait,à Loano, cinquante mille Austro-Sardes. Les forteresses de Liliale,Fado, Savone, sont au pouvoir des français ; la route du Milanais estouverte.

La coalition étrangère subsiste toujours contre nous; elle se composede l’Angleterre, de l’Autriche, du Piémont, de Naples, de la Bavière ,de tous les petits princes d’Allemagne, et de ceux de cette belle Italie dont Bonaparte , deux ans auparavant, a deviné la conquête. Mais, detoutes ces puissances, l’Autriche est la véritable ennemie qu’il fautcombattre et sur les bords du Bbin et au delà des Alpes . C’est aussi laseule guerre qui occupe le directoire, et pour précipiter le succès decette guerre, il en donne la conduite à un général de vingt-sept ans!