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Tome premier.
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Tl HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1798.

les bataillons français. Bonaparte s’y porte, livre un combat opiniâtre,reprend Dego, et détruit le corps ennemi. Le succès de cette brillanteaffaire appartient à l’adjudant général Lanusse, mort depuis général dedivision à la bataille d’Alexandrie, en Égypte . Une autre particularités’attache encore au combat de Dego. Bonaparte y remarqua un chef debataillon, qu’il fit chef de brigade sur le champ de bataille : c’étaitLannes, qui disputa si longtemps à Ney le titre de lu ave des braves, maisqui eut sur lui l’immense avantage de mourir les armes à la main auchamp d’honneur. La victoire de Dego fut l’arrêt de l’armée piémon-taise; isolée de l’armée autrichienne, elle devint le but de nos premièresopérations, tandis que Laharpe tenait Beaulieu en échec, au camp deSan-Benedetto, sur le Monte-Belbo.

Serrurier, arrivé à Garessio depuis le 10, y apprit les victoires de Mon-tenotte et de Millesimo , et le 17 Colli se vit forcé dans ce fameux campretranché de Ceva, vrai palladium militaire du Piémont . Colü dut re-passer le Tanaro , et abandonner dans la ville de Ceva occupée par Ser-rurier, toute l’artillerie de son camp. En arrivant sur les hauteurs deMonte-Zemolo, l’armée française contempla avec étonnement la chaînegigantesque des Alpes , qu’elle voyait s’élever derrière elle et autourd’elle, sans les avoir franchies.

Annibal a franchi les Alpes, dit Bonaparte ; nous, nous les avons tour-nées. C’était le plan et le résultat de cette campagne miraculeuse. Lequartier général s’établit au château de Lesagno, près du confluent duTanaro et de la Corsagüa.

Mondovi va aussi devenir fameux. Serrurier, attaché à la poursuitede Colli après la prise du camp de Ceva, est d’abord repoussé à Saint-Michel; mais il débouche parle pont délia Torre, Masséna par celui deSaint-Michel, le général en chef par Lesagno, et ces trois colonnes for-midables se portent simultanément sur Mondovi, où Colli s’appuie surquelques redoutes ; Serrurier enlève celle de la Bicoque, et décide le suc-cès de la bataille. Les Piémontais perdent trois mille hommes huitpièces de canon, dix drapeaux, quinze cents prisonniers, dont trois gé-néraux. Ainsi, chaque général divisionnaire de l’armée eut son tour degloire dans ces dix jours de campagne, où chaque rencontre fut unebataille, et chaque bataille une victoire pour l’armée française.

Après l’affaire de Mondovi, le général en chef marche sur Cherasco,Augereau sur Alba, et Serrurier sur Fossano , où Colli s’est retiré ;