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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1790.
Bonaparte respire tout entier dans cette admirable proclamation, oùd n’a rien oublié de ce qui devait assurer la véritable gloire de la patrie.On reconnaît déjà l’homme d’état qui porte l’épée du grand capitaine.
Cherasco ne donne pas son nom à une victoire , mais à un traité.Entraînée par son archevêque, le cardinal Costa, contre l’avis de sesministres et de ses généraux, la cour de Turin envoya solliciter un armi-stice : elle ne pouvait plus réellement compter sur les troupes autri-chiennes, réduites à la nécessité de défendre leur propre territoire.L’armée piémontaise était en partie détruite, eu partie découragée : lalièvre révolutionnaire, et ce fut ce qui décida la cour, gagnait le cœurdu pays, ou du moins elle le crut. Cette terreur l’aveugla au point dene pas songer aux troupes que commandait le prince de Carignan, nià défendre l’honneur de la couronne dans les remparts d’une place aussiforte que l’était sa capitale. Sa politique, inspirée par la peur, alla cher-cher un asile dans le camp français de Cherasco, où des conférenceseurent lieu entre le général Latour et le colonel Lacoste. Les conditionsde l’armistice donnent l’idée des embarras où se trouva tout à coupPlongé ce faible gouvernement, qui, en si peu de jours, avait passé sirapidement de l’offensive à la défensive, et du rôle d’agresseur à celuide suppliant. Le prince s’engageait « à rompre avec la coalition : il en-verrait un plénipotentiaire à Paris pour traiter de la paix définitive.Jusque-là il y aurait armistice. Les citadelles de Ceva, Coni, Tortone ,°u, à son défaut, celle d’Alexandrie , seraient remises sur-le-champ à1 armée française avec leur artillerie et leurs magasins ; l’armée victo-deuse continuerait d’occuper tout le terrain qu’elle avait conquis. Lesr °utes militaires, dans toutes leurs directions, seraient ouvertes à toutescommunications entre la France et l’armée ; la place de Valenza seraitC'acuée par les Napolitains, et remise aux Français jusqu’à leur passagedu Pô ; enfin les milices seraient licenciées, et les troupes régulièresdisséminées dans les garnisons, loin des troupes françaises . » Ces con-ditions furent acceptées par le roi. Le colonel Murat, premier aide decamp de Bonaparte, partit pour Paris avec vingt et un drapeaux et leDaité d’armistice. La capitale, à la réception de ces trophées, triomphacomme l’armée d’Italie. Bonaparte écrivit au directoire :
" .Je marche demain sur Beaulieu ; je l’ohlige à repasser le Pô .
•Je le passe immédiatement après : je m’empare de toute la Lombardie ;e L avant un mois, j’espère être sur les montagnes du Tvrol, trouver