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Tome premier.
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80 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1706.

en marche avec son armée, pour couvrir Plaisance et camper derrièreFombio, petite place déjà occupée le 8 par huit mille Autrichiens partisdePavie, sous les ordres du général Liptay. Bonaparte ne veut pas lais-ser le temps à cette division de s’y établir, ni de servir de point d’appuiau général Beaulieu. Il fait enlever brusquement Fombio par les géné-raux Lannes, Dallemagne et Lanusse. Les Autrichiens perdent deuxmille cinq cents prisonniers, leur artillerie, leurs drapeaux, et se jettentdans Pizzighettone, dont ils ont le temps de lever les ponts. Le généralLaharpe s’était avancé en avant de Codogno , sur les routes de Pavieetet de Lodi. Un l’égiment de cavalerie de Beaulieu, venant de la premièreroute, tomba la nuit dans les avant-postes de Laharpe , et, vivementrepoussé, disparut par la route de Lodi, au premier mouvement dedéfense que firent les troupes. Le général Laharpe , accouru au bruitde la mousqueterie de ses avant-postes, retournait dans son camp parun autre chemin, quand il tomba blessé à mort par le feu de file d’unde ses pelotons, qui crut tirer sur l’ennemi. Toute l’armée pleuracomme un Français ce brave et habile général, que la tyrannie de Berne et l’amour de la liberté avaient amené dans nos rangs.

Le 10, nous marchons sur Lodi à la recherche de Beaulieu. A unelieue de Casai, une forte arrière-garde de grenadiers autrichiens défendla chaussée de Lodi. Elle est culbutée malgré une résistance opiniâtre,et poursuivie jusque dans la ville, où les Français entrent pèle-mèle avecl’ennemi. Ici a heu la fameuse attaque du pont de l’Adda. Beaulieu a saligne de bataille sur la rive gauche ; les fuyards s’y rallient ; les Français les poursuivent. Beaulieu démasque vingt-cinq pièces de canon pour ladéfense du pont; le général Bonaparte en oppose autant. Cependant, ila conçu l’audacieux projet de forcer le pont, dans l’espoir de couper lecorps de dix mille hommes qui, sous les ordres deColli et de Wukasso-vvicb, se porte sur Cassano pour y passer l'Adda. Il fait franchir larivière par la cavalerie, à une demi-lieue au-dessus du pont, et avec unebatterie d’aitillerie légère, il engage la canonnade sur le liane droit desAutrichiens. Dans le même instant, il place toute son artillerie sur larive droite, au débouché du pont, contre les batteries opposées, formeles grenadiers en colonne serrée, les dirige derrière le rempart qui bordela rivière ; puis, aussitôt que la cavalerie a commencé son attaque, lesgrenadiers se précipitent sur le pont, le franchissent au pas de course,et s’emparent du canon de l’ennemi. La ligne autrichienne, enfoncée par