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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON, — 1796.fit mine de vouloir passer le Pô à Cambio, masqua l’opération de l’ar-mée française sur un autre point. En effet, le général en chef part deTortone avec dix bataillons de grenadiers, formant en tout trois millesix cents hommes, sa cavalerie et vingt-quatre pièces de canon ; et, le7 mai, il se dirige sur Plaisance à marches forcées, pour surprendre lepassage du Pô. Lamies passe le fleuve le premier avec l’avant-gardesur des bateaux, et Laharpe s’est établi avec les grenadiers à Émetri,entre le Pô et la rive de Fombio. Le 9, toute l’armée, qui est arrivéela veille, franchit le fleuve, dont la largeur à Plaisance est de deux centcinquante toises.

Le même jour, Bonaparte écrit de son quartier général de Plaisanceau directeur Carnot : « Nous avons passé le Pô ; la seconde campagneest commencée ; Beaulieu est déconcerté ; il donne constamment dansles pièges qu’on lui tend : peut-être voudra-t-il donner une bataille. Cethomme a l’audace de la fureur et non celle du génie.—Encore unevictoire, et nous sommes maîtres de l’Italie. —Je vous fais passer vingttableaux des premiers maîtres, de Corrége, de Michel-Ange. —J’espèreque les choses vont bien, pouvant vous envoyer une douzaine de mil-lions à Paris . Cela ne vous fera pas de mal pour l'armée du Rhin. » Legénéral ne perd pas de vue les opérations de cette armée, dont il aparlé avec tant de chaleur dans sa dépêche de Cherasco. Une suspensiond’armes est signée le même jour à Plaisance avec le duc de Parme, quiachète ce traité avec les tableaux et les millions que le général fait pas-ser à Pai’is. Dès ce moment, l’armée d’Italie aura à distribuer troissortes de trophées : les trésors des vaincus pour la solde des autresarmées, les objets d’art pour l’embellissement de la capitale, et pourelle les approvisionnements et tout le matériel de guerre de ses ennemis.C’est ainsi que l’armistice conclu avec le duc de Parme nous donna seizecents chevaux, des magasins de blé et de fourrages, et défraya le ser-vice des hôpitaux. Quatre cents chevaux d’artillerie furent levés aussidans la ville de Plaisance. Le duc de Modène s’empressait égalementd’envoyer un plénipotentiaire au générai Bonaparte . Le commandeurd’Est, frère naturel du duc, se rendit au quartier général pour deman-der la suspension d’armes; elle eut lieu moyennant dix millions, dontdeux milhons cinq cent mille livres en denrées et munitions de guerre,et vingt tableaux de grands maîtres.

Aussitôt que Beaulieu avait appris le départ de Tortone , il s’était mis