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Tome premier.
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82 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4796.

témoignait, avec une affectation très-prononcée, sa satisfaction de ceque le général avait pris conseil du commissaire civil Salicetti avant laconclusion de cet armistice. « Ces sortes de transactions, disait la dépê-che, dans les cas urgents où le directoire ne peut être consulté lui-même,sont particulièrement du ressort du commissaire du gouvernement prèsles armées. » Quant au projet de l’invasion du Ty roi, il était combattucomme périlleux dans l’hypothèse d’une défaite, et le directoire avertis-sait le vainqueur de songer à faire rentrer la Corse sous le pouvoir de larépublique. C’était répondre d’une manière peu héroïque aux vues dugrand capitaine. Dans le même moment, le directoire portait à son généralune atteinte plus dangereusement hostile que les mouvements des Autri-chiens; car il annonçait la volonté de partager l’armée d’Italie en deux :Kellermann devait commander celle qui garderait le Milanais, et Bona-parte celle qui serait destinée à agir sur les côtes de la Méditerranée, àLivourne, à Borne et à Naples . Le directoire ajoutait que son intentionétait de laisser subsister, dans ce nouvel ordre de choses, l’arrêté du9 floréal, qui conférait aux commissaires Garreau et Salicetti Le droit derequérir des mouvements des troupes; il prescrivait la prompte occupation deLivourne , et ajournait après cette expédition les débats que la républiqueavait avec l’état de Gênes. « Si Rome fait des avances, disait le directoire,la première chose à exiger est que le pape ordonne immédiatement desprières publiques pour la prospérité et les succès de la république française. » Ilétait déjà assez absurde de demander des prières au pape pour une répu-blique qui, loin de le reconnaître comme son chef spirituel, ne l’appelaitque le prince de Borne ; mais il était d’une véritable dérision d’ajouter :

« Quelques-uns de ses beaux monuments, ses statues, ses tableaux,ses médailles, ses bibliothèques, ses bronzes, ses madones d’argent, etmême ses cloches, nous dédommageront des frais que nous coûtera lavisite que vous lui aurez faite. »

Bonaparte a bien jugé ceux qui lui donnent de tels ordres, et, se pla-çant vis-à-vis d’eux dans la sphère de supériorité qui lui appartient, illeur répond de Lodi, le 14 mai suivant : « Je crois très-impolitique dediviser en deux l’armée d’Italie ; il est également contraire aux intérêtsde la république d’y mettre deux généraux différents. L’expédition deLivourne, Rome et Naples , est très-peu de chose : elle doit être faitepar des divisions en échelons, de sorte que l’on puisse, par une marcherétrograde, se trouver en force contre les Autrichiens, et menacer de