HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1796. 95
le sie'ge du château de Milan, la garde du Milanais et les garnisons desplaces conquises demandent quinze mille hommes ; la garde de l’Adige et les positions du Tyrol, vingt mille hommes. Il ne reste, comprisles secours qui arrivent de l’armée des Alpes, que six mille hommes.Mais eussions-nous vingt mille hommes, il ne nous conviendrait pasde faire vingt-cinq jours de marche.... Pendant ce temps-là Beaulieurepose, recrute, renforce son armée dans le Tyrol, et nous repren-dra , l’automne, ce que nous lui avons pris dans le printemps ; moyen-nant cet armistice avec Naples, nous sommes à même de dicter à Rome toutes les conditions qu’il nous plaira; déjà, dans ce moment-ci, lacour de Rome est occupée à faire une bulle contre ceux qui prêchenten France la guerre civile, sous prétexte de religion. » Le lendemain,il écrivait au directeur Carnot : « Si les bataillons annoncés nous joi-gnent à temps, il nous sera facile d’aller jusqu’à Rome . Cependant,comme les opérations de l’Allemagne peuvent changer notre positiond’un moment à l’autre, je crois qu’il serait bon qu’on me laissât la fa-culté de conclure l’armistice avec Rome ou d’y aller : dans le premiercas, me prescrire les conditions de l’armistice; dans le second, me direce que je dois y faire ; car nos troupes ne pourraient pas s’y maintenirlongtemps : l’espace est immense, le fanatisme très-grand, et la grandedisproportion de forces rend les hommes hardis.... Nous sommes bientôten juület, où toutes les marches nous coûteront deux cents hommes. »La trêve convenue avec Naples enlevait aux Anglais cinq vaisseaux deguerre et des frégates, et dérobait, soit à la balance belligérante del’Autriche , soit à la politique hostile du saint - siège, cette réserve decinquante mill e hommes que le royaume de Naples pouvait mettresous les armes, et lancer inopinément sur la rive droite du Pô. Le siègede la cidatelle de Milan était poussé avec une grande vigueur, et latranchée ouverte. Pendant ces travaux, auxquels il jugeait sa présencepeu nécessaire, Bonaparte transféra brusquement son quartier généralà Tortone , et envoya le colonel Lannes avec douze cents hommes châ-tier les fiefs impériaux. La première exécution tomba sur la ville d’Ar-quata, dans laqueüe un détachement de cent cinquante Français avaitété assassiné. Murat, premier aide de camp du général en chef, alla àGênes demander en plein sénat le renvoi du marquis de Girola, résidentautrichien , la destitution du gouverneur de Novi, et l'établissement depostes génois aux étapes, pour l’escorte des convois et la sûreté des