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Tome premier.
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96 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1796.

routes. La neutralité de Gênes s’expliquait depuis longtemps pour Bo-naparte comme celle de Yenise; mais le moment n’était pas Tenu d’en-tamer ce procès : il était ajourné à des temps plus heureux, c’est-à-direà la prise de Mantoue . En attendant, inquiété par des soulèvementsque l’oligarchie génoise fomentait en secret et désavouait d’office, levainqueur réprimait par la force ces attentats si contrâmes aux con-ventions , et rempüssait envers son armée et son gouvernement une deses plus grandes obligations comme général en chef, celle de maintenirses communications avec la patrie et les dépôts de toute nature qu’ilavait formés à Nice et à Antibes .

Aussitôt le calme rétabli dans l’état de Gènes et dans le Piémont ,Bonaparte quitta Tortone , et arriva le 19 juin à Modène , où il trouvale général Yaubois avec sa brigade. C’était la guerre contre le pape quialors occupait l’armée. Il n’y avait pas d’autre moyen de faire payerau saint-père la suspension des hostilités qu’il allait être forcé de deman-der. En conséquence, dès le 14, Augereau avait passé le Pô à Borgo-Eorte, et s’était emparé des légations de Bologne et de Ferrare . Lecolonel Yignolles, sous-chef d’état-major, avait fait capituler le fortd’Urbin. La citadelle de Ferrare fournit au grand parc de Borgo-Fortequarante bouches à feu sur cent quatorze qu’on y trouva. Les villes deReggio, Modène et Bologne se distinguèrent bientôt par leur attitudepatriotique. Bologne surtout secoua hautement le joug pontifical ; et, auxpremières propositions d’armistice faites dans cette ville au général enchef par le chevalier Azzara, ministre du saint-père, elle demanda d'êtregarantie de tout retour sous la puissance de Borne. Elle arma desgardes nationales, et se constitua en ville fibre sous la protection de laFrance. La trêve fut conclue le 24 juin à Bologne, où Bonaparte étaitentré le 19. Cette place et Ferrare restaient au pouvoir de l’armée fran-çaise , qui prenait possession de la citadelle d’Ancône . Le pape payaitvingt et un millions en argent et en denrées, et abandonnait cent chefs-d’œuvre des arts et cinq cents manuscrits au choix des commissairesfrançais . Cet armistice, qui est la base du traité signé à Tolentino enfévrier 1797, et qui donne cent chefs-d’œuvre au musée de Paris , il nefaut pas perdre de vue que Pie YIT a sollicité, et qu’ après T avoir enfreintà main armée, il ira encore au-devant de la convention de Tolentino quien fut la suite. Alors on s’étonnera d’autant plus de voir, dix-sept ansaprès, ces cent chefs-d’œuvre retourner à Rome , sur la réclamation de