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Tome premier.
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1796.

9S HISTOIRE DE NAPOLÉON. —

aussi dans cette ville. Mais les Anglais avaient été prévenus, et leursbâtiments étaient allés se mettre à l’abri dans les ports de l’île de Corse.Toutefois l’occupation de Livourne, la destruction de la factorerie an-glaise , et la saisie de toutes les marchandises britanniques, se firentvivement sentir en Angleterre, et la Corse fut aussitôt menacée par lesFrançais . Une vingtaine de patriotes réfugiés qui avaient fui le gouver-nement de Paoli, ou qui s’étaient soustraits à celui du vice-roi Elliot,se réunirent à Livourne , et de là descendirent en Corse, où ils réveillèrentl’insurrection dans les montagnes. Du port de cette ville, assignée pourpoint de rassemblement à tous les Corses, Bonaparte , sur la fin dejuillet, fit passer à ses compatriotes quatre mille fusils, mille paires depistolets et six milliers de poudre. A l’arrivée des premiers Corses, parmilesquels était le comte Bonelli, les montagnards prirent les armes. Cesattaques préludèrent à l’expédition qui, sous les ordres du général divi-sionnaire Gentili et des généraux Cervoni et Casalta, devait, trois moisplus tard, affranchir la Corse de la domination anglaise. De Livourne ,le général en chef se rendit à Florence , où il entra sans escorte. Peu dejours après, étant à table chez le grand-duc, il apprit que le 29 la cita-delle de Milan avait capitulé. On y trouva de grands approvisionnements,une garnison de deux mille cinq cents hommes, qui fut dirigée sur Lodi,cinq mille fusils et cent cinquante pièces de canon. Ainsi, l’artillerie dusiège, composée de F artillerie piémontaise qui avait fait ouvrir les portesde la citadelle de Milan , était complétée par l’artillerie autrichienne pourl’attaque de Mantoue .

La nouvelle de la reddition du château de Milan rappela le général enchef aux opérations du siège de Mantoue . Il quitta Florence , et trans-porta successivement son quartier général à Bologne , à Roverbella, àCastiglione. Il avait laissé la négociation inachevée avec Gènes. Les de-mandes que son aide de camp Murat avait adressées au sénat étaientloin d’avoir obtenu du succès. Le résident d’Autriche , qui avait fournides armes aux rebelles d’Arquata, remplissait toujours ses fonctionsà Gênes , malgré les réclamations réitérées de Favpoult, résident de larépublique. Les griefs s’accumulaient contre ce gouvernement qui, dansson infidèle neutralité, avait constamment servi les intérêts de l’Autriche et de 1 Angleterre au détriment de l’armée française . D’un autre côté ,la république de Venise suivait le même plan de perfidie, et, sous levoile de la neutralité, à l’approche des renforts autrichiens conduits