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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1796.portes furent brisées à coups de canon; les Français envahirent la "ville,et y firent un grand nombre de prisonniers. Wurmser avait perdu lafigue du Mincio; il se concentra sur Monte-Baldo . Masséna força cettebelle position, et reprit la Corona. Rejeté sur le Tyrol italien, Wurmser se retira sur Rovercdo et à Trente avec la moitié de son armée. Du29 juillet au 12 août, il avait perdu soixante-dix pièces de canon etquarante mille hommes, dont quinze mille prisonniers. Il est vrai qu’ilavait ravitaillé Mantoue , où il avait laissé une bonne garnison dequinze mille hommes, et que l’armée française ne pouvait réparer laperte de l’immense artillerie de siège laissée devant cette ville : aussile général Bonaparte dut-il se contenter d’ordonner un étroit blocusdont il chargea encore la division Serrurier, commandée par le géné-ral Sahuguet. Le 24 août, l’ennemi, chassé de toutes ses positions ex-térieures, était refoulé dans la place. Ce fut le second blocus de Man-toue .

Dans les trois premiers jours de la marche de Wurmser , où la di-vision de Masséna, forcée par le nombre, avait dû abandonner à la finplusieurs de ses positions, le général Bonaparte connut l’esprit delTtalie ; ces jours furent des jours d'épreuve pour la fidélité des prin-ces avec lesquels il avait traité. Le pape donna le premier l’exemple dela perfidie ; il crut au triomphe des Autrichiens, et cessa de croire autraité de Tolentino. Son infaillibilité se trouva en défaut, et l’honneurde la tiare fut compromis. Aussitôt après la levée du siège de Mantoue ,le cardinal Mattéi, archevêque de Ferrare , avait prêché l’insurrection,et il était entré à main armée dans la citadelle de cette ville. Six joursaprès, la victoire de Castiglione couronna nos armes. Le cardinal,mandé à Brescia par le général en chef, vint, s’humilia devant le vain-queur, et lui dit ce seul mot : Peccavi. Bonaparte l’envoya en punitionecclésiastique pendant trois mois dans un séminaire. La régence deModène avait partagé la confiance du saint-siège ; les oligarchies deGènes et de Venise avaient également rêvé la ruine des Français . Unearmée napolitaine, malgré la récente négociation du prince Pignatelli,se préparait à marcher aussi sur l’état romain, pour donner, d’uncôté, la main aux Autrichiens, et de l’autre aux Anglais qui assié-geaient Livourne . On ne voyait plus dans les armistices que des sauf-conduits du moment pour les ennemis vaincus. C’était la conspirationdes traités contre les Français ; mais il leur restait de fidèles alliés dans