10(3 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1796.
les populations de Bologne, de Fer rare, de Reggio , de Modène , deParme , qui avaient toutes embrassé avec ardeur et qui conservèrentavec courage les principes républicains. Cette guerre des nations con-tre les rois était légitimée à leurs yeux, moins par les souvenirs dudespotisme qui les avait si longtemps opprimées , que par les viola-tions des traités qui venaient de placer ces peuples dans une conditionmeilleure. Cependant, mieux avisée que la couronne de la péninsuleitalique, l’Espagne , frappée de la prépondérance exclusive que l’An-gleterre allait s’arroger sur les mers si la France restait sans alliés ma-ritimes , l’Espagne avait signé à Saint-Ildephonse,le 19 août, uu traitéoffensif et défensif avec la république. Cette haute démarche, con-seillée par une saine politique , fut d’un grand poids en Europe pourla fortune française, et imposa silence aux inimitiés piémontaise etnapolitaine.
Yingt jours termineront la guerre active de Wurmser. Renforcé parvingt mille hommes dans le Tyrol, où Davidovitch reste avec vingtmille, le vieux feld-maréchal se porte, de sa personne, avec vingt-sixmille, de la ville de Trente sur Mantoue , pour eu faire lever le blocus.Sa marche s’opère sur les gorges de la Brenta, Bassano, le bas Adige .Le général Bonaparte n’a reçu que six mille hommes de l’armée desAlpes ; mais il a pénétré le projet de Wurmser ; et, fidèle à son plan deconsommer la destruction de l’ennemi en continuant de l’attaquer endétail, il veut lui ôter tout moyen de retraite en s’emparant du Trentin où il va surprendre Davidovitch. Cependant Kilmaine , avec trois millehommes, doit couvrir sur l’Adige le blocus de Mantoue . Yérone, miseen état de défense, est gardée, amsi que Legnago, par le même général;alors Bonaparte met en mouvement l’armée française .
Le 1" septembre, Vaubois se dirige sur Trente par la chaussée de larive droite de la Chièse, Masséna par celle de la rive gauche ; Augereausuit également cette rive par la route de la montagne. L’avant-garde deYaubois emporte le pont de Sarco; celle de Masséna, la position deSeravalle; et le 4 septembre, s’engage la bataille de Roveredo , où lesAutrichiens, enfoncés de toutes parts, entrent pêle-mêle avec les Fran-çais, et sont poursuivis jusqu’aux défilés réputés inexpugnables deCaliano. Cette position est occupée par la réserve de Davidovitch, etprotégée par de fortes batteries. Une colonne serrée de neuf bataillonss’élance dans le défilé et culbute l’ennemi. L’armée continue d’avancer