CHAPITRE V.
Du 2 au 24 octobre 1796.
Corse est délivrée des Anglais. — Signature de la paix de Naples. — Arrivée à Paris delord Malmesbury , plénipotentiaire pour la paix. — Traité offensif et défensif entre laFrance et le Piémont. — Rupture de l’armistice de Modène . — Le pape refuse do ra-tifier le traité.
Pendant que l’armée se repose dans ses cantonnements, Bonapartev eille sur les ennemis de la France , sur les besoins de la prochainecampagne, sur la prospérité de la patrie. Il a déjà contracté, dans lesintervalles de la guerre, l’habitude de ce prodigieux travail de cabinet,?ni seul paraît pouvoir lui faire oublier les fatigues militaires. Sa cor-r( 'spondance avec le directoire, avec les ministres de la république accré-dités aux différentes cours d’Italie , avec les souverains et avec lesgénéraux, le place au rang des hommes les plus remarquables de l’his-toire. Déjà il était obligé de ne chercher qu’en lui seul les moyensde résister aux nouveaux orages que la maison d’Autriche , soutenueP a r les dispositions hostiles des gouvernements, de Gènes, de Yenise,de Modène, de Naples , de Toscane, et par l’action perpétuelle deAngleterre sur tous ces états, pouvait encore rassembler contre saMite armée. Il annonçait au directoire qu’il s’attendait à être attaquébientôt par cinquante mille Autrichiens que des.échecs successifs dei’armée de Sambre-et-Meuse sous Jourdan, et l’hivernage des armées^pénales sur le Rhin , allaient rendre disponibles ; il demandait quinzetoille hommes avec instance. Le directoire lui en promettait une partie,et le pressait toujours de prendre Mantoue . Parmi les moyens qu’onini indiquait pour parvenir à cette conquête importante, il en était unau quel le général Bonaparte n’avait pas songé, et qui donne la mesure