Band 
Tome premier.
Seite
112
JPEG-Download
 

112 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4796.

de la politique révolutionnaire des chefs de ce gouvernement. Le 1 er oc-tobre, La Réveillère-Lépaux lui écrivait : « Tous trouverez ci-joint unarrêté relatif à Wurmser ; ce général ennemi que vous avez battu sisouvent, et qui touche à sa dernière défaite dans la place que vous assié-gez , se trouve dans le cas des lois de la république relatives aux émigrés. Nousvous laissons à juger s’il convient de lui donner connaissance de cet ar-rêté pour le déterminer à rendre Mantoue , en lui faisant craindre d’être traduità Paris et d’y être jugé comme émigré. » Certainement, à la réception d’unepareille lettre, le général Bonaparte était bien fondé à n’espérer qu’enlui seul pour le triomphe de ses desseins.

Le moment était venu de chàsser les Anglais de la Corse. Le com-missaire du gouvernement, Salicetti, écrivait de Livourne au généralen chef, et lui rendait compte de l’exécution de ses ordres pour l’en-treprise relative à l'affranchissement de leur commune patrie. Tout sepréparait dans le pays à un soulèvement universel. Le général Gentilidevait mettre à la voile avec trois cents réfugiés ; le général Casaltaétait parti ; on rassemblait à Livourne une division corse. La prise del’ile devait tenir en respect l’Angleterre et inspirer la crainte aux coursde Rome, de Naples et de Toscane. Bonaparte a commencé l’alliancede la politique avec la guerre. Cette science est inconnue à son gouver-nement ; il la suivra malgré tous les obstacles, et il sera justifié par lesuccès. L’ambassadeur Cacault lui mandait de Rome : « Je crois qu’onne signera le traité proposé, ni à Rome, ni à Naples , sans la présencedes armées.... Cette ligue entre l’empereur, Rome et Naples , seraitbientôt fortifiée par l’adhésion de Venise, de Turin, de la Toscane , sion pouvait se flatter de nous chasser de l’Italie. » De son côté, Bona-parte écrivait au directoire, qu’il fallait rompre l’armistice de Modène ,où se fomentait la conspiration contre les Français . ■< Mais, disait-il,comme il ne faudrait pas que notre rupture avec Modène arrivât dansun instant où je ne pourrais disposer de quinze cents hommes pendantquelques jours, vous pourriez déclarer à l’envoyé de Modène que vousme chargez de la conclusion de la paix avec son prince. Il viendraitalors au quartier général, ayant soin de lui signifier qu’il y soit renduavant douze jours. Je lui déclarerais alors que toutes négociationssont rompues.... Vous aurez alors Modène, Reggio , Bologne et Fer-rare.... Les états de Modène arrivent jusqu’au Mantouan. Vous sentezcombien il nous est intéressant d’y avoir, au lieu d’un gouvernement