HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1796. 123
combattants, chasser les Français d’Italie . II marcha en trois colonnessur la Br enta, après avoir jeté deux ponts sur la Piave. Masséna, pourconnaître sa force, fit une démonstration d’attaque, et compta les qua-rante mille hommes du feld-maréchal. Alors il se retira de Bassano surlicence, où il fut rejoint par Bonaparte avec les troupes qu’il amenaitde Vérone . Le 6, à la pointe du jour, commença la bataille de la Brenta,engagée par Masséna. L’avant-garde ennemie et trois divisions furentre jetées sur la rive gauche de cette rivière, et le corps de Quasdanowitchsu r Bassano, avec une perte considérable. Moins heureux surleLavisio,Vaubois, forcé dans sa position, abandonna la ville de Trente, et, presséPar un ennemi trop supérieur en nombre, compromit en se retirant lasûreté de Vérone. Joubert arriva bien à propos de Mantoue avec unedemi-brigade, et couvrit cette ville. Vaubois passa l’Adige , et occupaks positions si connues de la Corona et de Rivoli.
Mais le 7, le général en chef traversa Vicence avec l’armée, et, par ceMouvement rétrograde, attira sur lui les forces d’Alvinzi. Parvenu auplateau de Rivoli, il dit à la division Vaubois : « Soldats, je ne suis pascontent de vous : vous n’avez montré ni discipline, ni constance, nibravoure; aucune position n’a pu vous rallier; vous vous êtes laisséYasser de positions où une poignée de braves devait arrêter une armée.Soldats de la 39 e et de la 85 e , vous n’êtes pas des soldats français . Gé-néral, chef d’état-major, faites écrire sur les drapeaux : Ils ne sont plusde t’armée d’Italie.» Peu de jours après, ces deux régiments illustrèrent1 armée : c’était ainsi que Bonaparte faisait des héros.
Ainsi, malgré la perte de la bataille, Alvinzi avait réussi dans ses°Pérations; au lieu d’avoir été refoulé au delà de la Piave et des bordsla Brenta, et d’être coupé du corps de Davidovitch, il se trouvaitMaître du Tyrol et de tout le pays entre la Brenta et l’Adige . Cependants a réunion avec Davidovitch dépendait de la prise de Vérone . De sonc Mé, le général Bonaparte assura la défense de Monte-Baldo , et résoluts’emparer de la forte position de Caldiero . Après de légers succès^ avant-garde, il campa, la nuit du 11, au pied du Caldiero . L’attaqueéclata le lendemain ; mais à la fin de la journée, les deux armées bivoua-fiuerent dans leurs positions. L’avantage resta aux Autrichiens, quiPortèrent leurs avant-postes à Saint-Michel. L’armée française se trouva^ ans l’impossibilité de reprendre l’offensive; l’ennemi tenait Caldiero et ^ es gorges du Tyrol, et la garnison de Mantoue secondait Alvinzi par