426 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4796.
lage d’Arcole; mais Alvinzi avait échappé à l’armée, qui, des hauteursde Ronco, put voir s’éloigner la proie que la défense opiniâtre d’Ar-cole lui avait fait perdre. Le succès de cette terrible journée ne futpas complet. Cependant, dans la situation où l’armée s’était trouvéeaprès le combat du 12, elle eut bien le droit d’appeler une victoire ladéfaite des deux divisions autrichiennes, l’abandon de la position inex-pugnable de Caldiero , et la déhvrance de Yérone.
Ce jour même , par une de ces résolutions qui n’appartiennentqu’aux grands capitaines , Bonaparte se décide à évacuer Arcole, et àse reporter sur Ronco. Il dérobe son mouvement à Alvinzi en faisantallumer des feux sur la digue et, pendant la nuit, il opère sa retraite.Le lendemain, il est prêt à marcher contre chacun des trois corps en-nemis. Il choisit le plus fort: c’est celui que commande Alvinzi. Labataille d’Arcole dura trois jours;la seconde journée est celle de Ronco.Alvinzi a réoccupé le village après le départ de Bonaparte , et attaqueson adversaire avec deux divisions. Les Français repassent le pont deRonco , fondent sur l’ennemi, l’enfoncent au pas de charge, et le re-foulent dans les marais, après lui avoir enlevé du canon, des drapeauxet un grand nombre de prisonniers. Le lendemain, la bataille recom-mença à moitié des digues. Elle fut d’abord indécise ; cependant unecolonne de trois mille Croates périt dans les marais. Bonaparte comptealors les pertes de son ennemi, qu’il évalue à vingt-cinq mille hommes,et, malgré une infériorité du tiers dans le nombre de nos soldats, il serésout sur-le-champ à aller l’affronter en plaine. L’armée française estanimée du courage qui donne la victoire. A deux heures après midi,elle se trouvait en bataille, la gauche sur Arcole, la droite sur Porto-Legnago. L’ennemi était à cheval sur la route de Yicence. A trois heu-res le combat s’engagea sur toute la ligne. Toujours fertile eu expé-dients , le général en chef, afin de jeter le désordre dans les rangsd’Alvinzi, chargea un officier noir, nommé Hercule , de se porter avecvingt-cinq guides et quatre trompettes sur la gauche des Autrichiens,aussitôt que la garnison de Legnago aurait commencé de les canonnerpar derrière. Cette ruse obtint un plein succès. L’ennemi se crut tournépar la gauche, rompit sa ligne et battit en retraite. Il fut pressé vive-ment toute la soirée et perdit beaucoup de monde.
Après ces trois jours de bataille, au heu de se reposer à Yérone ,Bonaparte , désormais inévitable pour l’armée autrichienne, s’acharna