HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1796, 1797. 163
venir au secours du vainqueur. Bonaparte manœuvre à la face du cielsur la terre de la conspiration ; il est obligé de triompher partout ; sestrente-cinq mille baïonnettes doivent transporter la victoire depuis lachaîne du Tyrol jusqu’au Capitole. La nécessité lui ordonne, de s’em-parer de Mautoue, autour de laquelle un quatrième blocus est impos-sible. Le temps aussi lui est mesuré : il a trois semaines pour vaincreou pour mourir.
Masséna commence la lutte. Attaqué, le 12 janvier, à Saint-Michel parune division de Provcra, il le repousse , le poursuit jusqu’à Cakliero,et lui prend neuf cents hommes. Bonaparte est à Vérone . Il a appris,pendant son séjour à Bologne, le mouvement de Provera sur Padoue .Par une habile politique, il oppose les Italiens des nouvelles républi-ques aux Italiens de l’armée pontificale, et leur abandonne la défensede leurs frontières. De cette manière il peut disposer des trois millel’rançais qui sont à Bologne : il les porte à Perrare , se rend à Bover-bella , et revient à Vérone pour recevoir les prisonniers de Masséna. Ilentre en ligne d’opération et fait replier derrière cette ville les braves deMasséna. Dégagé ainsi du défilé, il peut faire manœuvrer librementtoutes ses troupes, et n’a plus besoin que de connaître le point d’actiondes Autrichiens pour y porter ses forces, c’est-à-dire ses vingt-deux millehommes. Augereau lui a annoncé de Legnago que l’ennemi est en mou-vement sur le bas Adige . Le 15 , Joubert lui écrit : « J’ai parfaitementsuivi vos dispositions pour l’attaque de la Gorona. Le succès a été au delàdes espérances : trois pièces de canon, quatre à cinq mille prisonniers,Alvinzi lui-même précipité dans les rochers et se sauvant comme unéclaireur sur l’Adige et sans soldats. » C’était là une lettre de champ debataille ; car, malgré ses avantages, débordé sur sa gauche par une divi-sion qui menace de le couper du côté de Peschiera , et sur sa droitepar une autre division qui avait passé l’Adige à Dolce, Joubert avait dûmarcher la nuit pour occuper, avec une brigade, le plateau de Rivoli, àune lieue de Dolce. Bonaparte a choisi le champ de sa victoire; il avaitordonné à Joubert de tenir le plateau à tout prix et d’y arrêter Alvinzi,qui compte enlever avec sa nombreuse armée la petite division qu’on luioppose ; mais le vieux général ne savait pas que son jeune adversaire1 attendait derrière la position de Joubert, et que Masséna opérait surSa gauche : l’immense supériorité de ses forces donne à l’Autrichien laconfiance qui doit le perdre. Le général. Bonaparte connaît tout le projet