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Tome premier.
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132
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132 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1796, 1797.

L’armée française comptait quarante-cinq mille hommes , dont trenteet un mille hommes à l’armée d’observation , et quatorze mille dans lesplaces ou au blocus de Mantoue . Le général en chef avait demandévingt mille hommes au directoire ; il lui en arriva six mille des côtesde l’Océan , sous les ordres du général Rcy. Alors notre année formaitcinq divisions ; sa force était de plus des deux tiers inférieure à celle desAutrichiens, mais elle avait pour chef un homme de génie, et des offi-ciers tels queMasséna, Augereau , Joubert, Bey et Kilmaine . Indépen-damment de la position retranchée de la Corona, nous occupions Yérone,Legnago, Peschiera, Pizzighettonc, Brescia, Bergame , Fuentes, Fer-rare et Urbin . Le directoire avait de plus annoncé l’envoi de puissantsrenforts de l’année du Rhin . Il était réservé aux belles divisions Berna-dotte et Delmas de contribuer au dernier triomphe de l’année invincible.Mais on était au cœur d’un hiver rigoureux; et, en attendant l’arrivéede ces secours décisifs, l'investissement et la prise de Mantoue de lapart des Français , la marche sur cette ville et sa délivrance de la partdes Autrichiens, allaient continuer le thème de toute la campagne, etles expéditions militaires, sans cesse ramenées vers le point central d’ac-tion , devaient finir encore par se grouper autour de Mantoue jusqu’àsa reddition.

Le plan actuel des Autrichiens est d’opérer sur Mantoue avec deuxannées' indépendantes, afin de dégager la troisième, qui se trouve pri-sonnière dans la place. L’armée active de l’ennemi monte à soixante-cinq mille hommes ; Alvinzi en prend quarante-cinq mille et se portede Bassano sur Roveredo ; Provera, le même général qui a été pris àCossaria, commande le reste des forces autrichiennes, et s’établit àPadoue pour agir sur le bas Adige. Bonaparte , avec trente-cinq millehommes sous son drapeau et huit à dix mille qui bloquent Mantoue ,doit lutter contre quatre armées : celle d’Alvinzi ; celle de Provera ;celle de vingt-quatre mille hommes enfermés dans Mantoue , et quidoit causer la ruine des Français si Alvinzi et Provera délivrent Mau-toue ; enfin le pape présente contre nous cinq ou six mille hommes,sans compter cette immense population qui, sous les armes spirituelles,n’attend que le triomphe des Autrichiens pour courir à des vêpres san-glantes : il ne faut pas oublier non plus cette conjuration secrète desprinces, des prêtres et des nobles , qui, alliés, amis et ennemis de larépublique, sont tout prêts, au moindre échec, à briser les traités et a