HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1790, 1797. 135
s'ébranle, et paraît sur les sommités de gauche du plateau; elle estrepoussée par l’artillerie française ; mais une de nos brigades se trouvetout à coup débordée et rompue. Heureusement la division Massénavient d’arriver au village de Rivoli, où elle se repose de sa marchenocturne. Bonaparte court la chercher, et en une demi-heure la troisièmecolonne autrichienne a subi le sort de la quatrième. La seconde, disposéepar Alvinzi pour l’attaque de la gauche du plateau, s’avance dansl’espoir de rétablir le combat. Quasdanovvitch, à la tète de la cavalerieet de l’artillerie, voyant Joubert engagé avec sa division , en avant dela position de Saint-Marc, juge le moment favorable pour s’en em-parer ; la victoire échappe aux Français s’il parvient à se déployer. Ilordonne à trois bataillons d’escalader les hauteurs où cette chapelle estassise ; deux autres les soutiennent pour favoriser le passage de l’artillerieet de la cavalerie. A cet aspect, Joubert détache en toute hâte troisbataillons, qui préviennent l’ennemi, et le rejettent, avec une perteconsidérable, dans le fond de la vallée. Le plateau est défendu vigou-reusement par quinze pièces d’artillerie, et les charges audacieuses etbrûlantes des colonels Leclerc et Lasalle achèvent la déroute de l’arméed’Alvinzi; elle est culbutée dans les ravins. L’éruption d’un caisson,causée par un de nos obus, accrut encore le désordre de cette armée.Sept mille hommes tombent en notre pouvoir, ainsi que douze pièces decanon qui avaient pu déboucher sur le mouvement de Quasdanowitch.Tout le reste de sa colonne, ainsi que celle de 'Wukassovvitch, quin’ont pas trouvé passage, furent témoins de la déroute d’Àlvinzi, sanspouvoir lui porter secours. Cependant , suivant les ordres d’Alvinzi,Lusignan, avec sa colonne intacte, paraît sur les derrières de l’arméevictorieuse. On ne peut définir le transport, qui poussa soudain cettearmée, prise à revers et subitement, à s’écrier '. Ceux-ci sont encore ànous ! Et en effet, contre toutes les chances de la position et celles dela gueri’e, la colonne de Lusignan, canonnée par une batterie de laréserve, fut abordée vaillamment par la division Masséna, détruite etprise presque tout entière. Rivoli doit s’ennoblir un jour du nom deMasséna. Bonaparte resta constamment au milieu de l’action pendantles douze heures qu’elle dura ; il eut plusieurs chevaux blessés, et courutde grands dangers.
Cependant Provera, avec ses vingt mille hommes, croyait arriver àMantoue , battre les huit mille hommes de Kilmaiue, et échapper à