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Tome premier.
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130 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1796, 1797.Bonaparte , qu’il savait occupé à Rivoli ; mais l’œil de l’aigle ne le perdaitpas de vue. A deux heures, pendant la bataille , Bonaparte apprendpar une dépêche d’Augereau que Provera a jeté un pont à Anghiari ;cet avis si important inspire au général en chef une résolution de génie ;il charge Masséna, Murat et Joubert, de suivre Alvinzi ; pour lui , ilprend quatre demi-brigades. On compte treize lieues de Rivoli à Man-toue, et Provera a vingt-quatre heures d’avance. Bonaparte force samarche , et parvient à Roverbella, pendant que son adversaire paraîtdevant Saint-Georges, qu’il croit facilement surprendre et enlever. Lefugitif Provera est au moment de faire pei’drc à Bonaparte le fruit de lavictoire de Rivoli par sa jonction avec Wurmser , qui alors aurait quarantemille hommes sous ses ordres : il sait que Saint-Georges , ce faubourgde Mantoue , ne peut avoir qu’une faible garnison, et n’est défenduque par un fossé. Le brave Miollis qui commande dans Saint-Georgesavec quinze cents hommes, est loin de craindre une attaque du côté del’Adige , où se trouve Augcreau ; il ne se garde que du côté de Man-toue . Provera se fait éclairer par des hussards qui ont les mêmes man-teaux que les hussards de Berchini. Déjà ils touchent à la barrière ; maisle coup d’œil, l’intelligence d’un sergent de garde sauvent Miollis et sagarnison. Il examine ces hussards et remarque que leurs manteaux sontneufs, tandis que ceux de Berchini ont fait la guerre et sont vieux. Ungrand général n’eùt pas fait cette importante observation, qui appar-tient au tact du soldat. Alors ce sergent, dont le nom malheureusementéchappe à l’histoire, aidé d’un tambour, donne l’alarme dans la place,et pousse la barrière. A midi, l’armée de Provera entoure Saint-Georges ;mais Miollis, avec ses quinze cents hommes, se défend toute la journée,et donne le temps au général en chef, qui compte sur cette noble résis-tance, d’arriver à son secours, Cependant Provera a pu communiquerpar une barque avec AVurmser, et concerter la jonction du lendemain.En effet, le 16 janvier à la pointe du jour, Wurmser sort de Mantoue ,et prend position; il attaque Saint-Antoine, et Provera la Favorite. MaisBonaparte a prévu cette disposition, et, dans la nuit, il a placé les bri-gades de Rivoli sous les ordres du général Yictor, entre Saint-Georgeset la Favorite, pour empêcher la réunion de Wurmser et de Provera.Wurmser est repoussé par Serrurier, et Provera par Yictor. Ce fut àcette bataille que la 57° reçut le nom de la terrible. Rien ne lui résiste;ellG enfonce la ligne autrichienne. Wurmser est rejeté dans Mantoue ,