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Tome premier.
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442 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1797.

intitulée : Harangue adressée aux braves qui combattent sous les étendardsde l’Église, pour le salut commun. Voici cette pièce singulière dans sonentier :

« Il est enfin venu, le moment si désiré de courir aux armes, ô peuplesvaillants, jadis sujets de Quirinus , aujourd’hui sujets du prince desapôtres, membres fidèles du patrimoine de saint Pierre, et fils bienaimés de la sainte Église romaine ! Les iniquités de tous genres, com-mises partout où ont pénétré ces soi-disant libérateurs, ces feints amis,mais véritables oppresseurs et tyrans des peuples, vous ont ébranlés,vous ont fait décidément penser à vos intérêts. L’irréligion'et mêmel’athéisme le plus impudent, qu'ils portent en triomphe, v ous ont faitcraindre avec raison de voir votre sainte religion non-seulement mépri-sée, mais encore entièrement abolie ; cette religion si soigneusementconservée et transmise sans tache jusqu’à vous par vos ancêtres : aussi,en vrais catholiques, vous avez eu horreur de vouloir être en amitié avecdes impies, aven des hommes qui, en renonçant à la foi que vous pro-fessez , se sont rendus plus indignes de vivre en bonne intelligence avecvous, que ne le sont les païens et les pubiicains, à qui le divin législa-teur ne permettait pas même qu’on donnât le salut. L’expérience funestede leur conduite inhumaine et féroce envers nos cosujets d’Avignon,de Carpentras, de Bologne, de Ferrare , et envers les sujets des autresétats d’Italie , qu’ils ont tous dépouillés, ruinés, chassés de chez eux,ou qu’ils ont traînés à une mort certaine et malheureuse, pour con-tenter leur barbare caprice ; l’injuste réquisition de tant de millionsd’écus, de tant de beaux objets, manuscrits, statues, tableaux, et mêmetableaux d’église, les meilleurs qu’il y eût à Rome et dans les états pon-tificaux, et cela à titre d’armistice, non pour payer la guerre que vousne leur aviez point faite, mais pour se payer par anticipation du pil-lage qu’ils n’ont pu faire : les conditions plus dures encore d’une paixmensongère, portant avec elle les résultats les plus abominables et lesplus ruineux ; les menaces insolentes qu’ils vous font sans cesse ainsiqu’au vicaire de Jésus-Christ, au suprême pontife, à notre souverainchéri, dont ils ont enfin lassé l’héroïque patience : tout a servi à vousdéterminer, quoiqu’il en dut coûter, d’abord à implorer l’assistancedivine, à tenter le sort des armes, à repousser la force par la force,à vous montrer de vrais Romains, accoutumes de tout temps à dompterles superbes