HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1797. 113
« Oui, vous avez désiré ardemment l’occasion de faire de nouveaubriller votre antique valeur, si terrible à tout l’univers. Notre pasteursuprême vous seconde par tous les moyens que fournit la prudencehumaine. Le ciel lui-même s’est manifestement déclaré en votre faveur,tant en vous conservant, comme par miracle, sains et saufs jusqu’àcette époque et simples spectateurs des calamités de vos voisins, qu’envous faisant si visiblement avertir, par les regards de compassion de labienheureuse Yierge, de ne pas vous laisser séduire par des hommesastucieux et trompeurs, et dç ne vous fier à eux ni dans la paix ni dansla guerre.
« Mais c’était la guerre précisément que vous commandaient votreintérêt et votre devoir, la conservation de votre sainte religion et Dieu même, qui en est l’auteur. Yous avez voulu la guerre en hommes sages :maintenant vous devez la faire en Romains, en catholiques, et en catho-liques les plus favorisés du ciel, qui vous a constitués les gardiens,les dépositaires du siège de la vérité, de la chaire infaillible de saintPierre.
« Aux armes donc, courez tous aux armes ! Réveillez-vous ! levez-vous comme des géants qui n’avez point dégénéré de vos ancêtres !prévenez un ennemi dont vous ne connaissez que trop les impostures,mais qui n’a pas encore éprouvé les effets de votre courage, et qui,pour cela, vous méprise injustement! Qu’il sente à son dommage et àsa honte le poids de vos bras! Déjà l’histoire a saisi sa plume d’or,pour enregistrer vos glorieux faits dans les fastes de l'immortalité.L’Europe , d’une extrémité à l’autre, a les yeux fixés sur vous ; elle nedoute ni de votre valeur, ni de l’heureux succès qui doit la couronner.
Notre excellent empereur François II , le magnanime défenseur,l’avocat de l’Église romaine, non content d’envoyer à notre secoursles intrépides volontaires Hongrois, Transilvains, Croates et Allemands,a encore fait partir, à la demande de notre saint et affectueux pèrePie Y1, un de ses généraux, le meilleur, le plus expérimenté et le plusestimé, le seul bien qui nous manquât, et que vous désiriez obtenir. Ils’est hâté d’arriver, il est parmi nous. Le seul nom de Colli ne vousémeut-il pas, ne vous donne-t-il pas du courage ? N’anime-t-il pas lesesprits de tous les peuples, ce Colli qui, pendant deux années entières,a rendu impénétrables les gorges du Saorgio, les Thcrmopyles de l’Italie ,les moutagnes de Tauy et de Brois, où les cadavres des forcenés Français