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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4797. 457

le pape, le duc de Parme se sont détachés de la coalition de vos enne-mis, et ont brigué votre amitié. Vous avez chassé les Anglais de Li-vourne , de Gènes, de la Corse. C’est en vous que la patrie met ses pluschères espérances : vous continuerez à en être dignes. De tant d’enne-mis qui se coalisèrent pour étouffer la république à sa naissance, l’em-pereur seul reste devant vous : se dégradant lui-même du rang d’unegrande puissance, ce prince s’est mis à la solde des marchands de Lon-dres . 11 n’a plus de politique, de volonté que celles de ce cabinet per-fide qui, étranger aux malheurs de la guerre, sourit avec plaisir auxmaux du continent. Le directoire exécutif n’a rien épargné pour don-ner la paix à l’Europe . La modération de ses propositions ne se ressen-tait pas de la force de ses armées; il n’avait pas consulté votre courage,mais l’humanité et l’envie de vous faire rentrer dans vos familles. Iln’a pas été écouté à Vienne ; il n’est donc plus d’espérance pour la paix,qu’en allant la chercher dans le cœur des états héréditaires de la mai-son d’Autriche . Vous y trouverez un brave peuple, accablé par la guerrequ’il a eue contre les Turcs et par la guerre actuelle. Les habitants deVienne et des états d’Autriche gémissent sur l’aveuglement et l’arbitrairede leur gouvernement ; il n’en est pas un qui ne soit convaincu que l’orde l’Angleterre a corrompu les ministres de l’empereur. Vous respec-terez les propriétés. C’est la liberté que vous apporterez à la brave na-tion hongroise. La maison d’Autriche , qui, depuis trois siècles, vaperdant à chaque guerre une partie de sa puissance, qui mécontenteses peuples en les dépouillant de leurs privilèges, se trouvera réduite,à la fin de cette sixième campagne (puisqu’elle nous contraint à lafaire), à accepter la paix que nous lui accorderons et à descendre enréalité au rang des puissances secondaires, où elle s’est déjà placée ense mettant aux gages et à la disposition de l’Angleterre. » Cette procla-mation devait produire d’autant plus d’effet qu’elle était vraie danstoutes ses parties. Elle renfermait aussi quelque chose de prophétique,que le moderne Alexandre devait réaliser sur les bords du Nil . Peut-être cette grande expédition, qui avait occupé autrefois la politique deVersailles , était-elle aussi déjà dans la pensée du triomphateur del’Italie . Quoi qu’il en soit, nos armées et leurs chefs ne se battaientalors que pour donner, non-seulement l’indépendance , mais encore laliberté politique et civile aux nations. Quand nos étendards changèrentde légende, le style des proclamations françaises ne fut plus populaire