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Tome premier.
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150 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4197.

Naples et celle de Rome ne paraît pas suffire pour rassurer la prudencedu général Bonaparte. Les troupes de Victor, destinées à garder l’Adige ,sont encore sur l’Apennin : elles ne pourront se trouver en positionque dans le courant d’avril ; ce général doit rallier les bataillons lom-bards , cispadans, polonais et peut-être l’insurrection démocratique dela terre ferme vénitienne. Le total des forces françaises en Italie est desoixante-quinze mille hommes, dont cinquante-cinq mille forment l’ar-mée active que Bonaparte va mettre en mouvement. L’archiduc lui op-pose, dans les premiers jours de mars, trente-cinq mille hommes quicouvrent le Frioul et qui occupent le Tyrol ; dix mille Tyroliens, excel-lents soldats de montagnes, sont accourus au drapeau autrichien. Bo-naparte doit se hâter de profiter de la supériorité numérique de sonarmée. C’est la première fois qu’il peut l’admettre dans ses calculsstratégiques. Et en effet il doit se presser d’opérer avant l’arrivée desrenforts de l’armée autrichienne du Rhin ; car alors il aurait quatre-vingt-dix mille hommes à combattre, et, sur ses derrières, Venise àredouter.

Le 9 mars, Bonaparte a son quartier général à Bassano . L’ordre dujour suivant rappelle à l’armée ses triomphes : « Soldats, la prise deMantoue vient de finir une campagne qui vous a donné des titres éter-nels à la reconnaissance de la patrie. Vous avez été victorieux dansquatorze batailles rangées et dans soixante-dix combats : vous avez faitcent mille prisonniers, pris cinq cents pièces de canon de campagne ,deux mille de gros calibre, quatre équipages de pont. Les contribu-tions mises sur le pays que vous avez conquis ont nourri, entretenu,soldé l’armée pendant toute la campague. Vous avez en outre envoyétrente millions au ministre des finances, pour le soulagement du trésorpublic. Vous avez enrichi le Muséum de Paris de trois cents chefs-d’œu-vre de l’ancienne et nouvelle Italie , et qu’il a fallu trente siècles pourproduire. Vous avez conquis à la république les plus belles contréesde l’Europe. Les républiques transpadane et cispadane vous doivent leurliberté. Les couleurs françaises flottent pour la première fois sur lesbords de l’Adriatique , en face et à vingt-quatre heures de l’ancienneMacédoine , d’où Alexandre s’élança sur l'Orient. Une grande destinéevous est aussi réservée; vous n’avez pas tout achevé. Vous châtierez cesinsulaires perfides, qui, étrangers aux malheurs delà guerre, sourientavec plaisir aux maux du continent. Les rois de Sardaigne, de Naples ,