HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1797. 163
vous pour s’entendre sur cet objet d’une si grande importance. Aprèsla conversation que nous venons d’avoir avec vous, et persuadés de labonne volonté comme de l’intention des deux puissances de finir le pluspromptement possible cette guerre désastreuse, S. A. R. désire unesuspension d’armes de dix jours, afin de pouvoir avec plus de céléritéparvenir à ce but, et afin que toutes les longueurs et les obstacles quela continuation des hostilités apporterait aux négociations soient levés,et que tout concoure à rétablir la paix entre les deux grandes nations.
« Signé Bellegarde, Meerweldt. »
Bonaparte répondit : « Dans la position militaire des deux armées,une suspension d’armes est toute contraire à l’armée française ; mais,si elle doit être un acheminement à la paix tant désirée, et si utile auxpeuples, je consens sans peine à vos désirs. La république française amanifesté souvent à S. M. le désir de mettre fin à cette lutte cruelle :elle persiste dans les mêmes sentiments. Je ne doute pas , après la con-férence que je viens d’avoir l’honneur d’avoir avec vous, que sous peude jours la paix ne soit enfin rétablie entre la république française etSa Majesté. » Le soir, la'suspension d’armes fut signée pour cinq jours.Dans cette conférence préliminaire avec les plénipotentiaires autrichiens,Bonaparte leur dit : « Votre gouvernement a envoyé contre moi quatrearmées sans généraux, et cette fois un général sans armée. » Bel élogede l’archiduc Charles !
Cet armistice, qui s’étendit aux armées du Tyrol, donna une nou-velle ligne à l’armée française. Serrurier occupa la grande et forte villede Gratz. Bonaparte transféra lui-même son quartier général à Léoben ,et son avant-garde jusqu’à Bruck, où s’établit Masséna, dont les avant-postes couronnaient les hauteurs et couvraient les pentes du Simme-ring. Bonaparte avait annoncé au directoire qu'avant le 10 avril d auraitatteint les sommets de cette montagne. L’adjudant général Leclerc,depuis beau-frère du premier consul, reçut l’ordre de porter au direotoire la nouvelle de cet armistice. C’était an officier distingué, dit Napo*léon, intrépide sur le champ de bataille.
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