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Tome premier.
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CHAPITRE X.

Insurrection de Venise . — Préliminaires de Léoben.

En recommençant la campagne sur le Tagliamento , Bonaparte avaiteu pour but de s’ouvrir la route de Vienne; c’était le seul moyen deparvenir à la paix. Mais songeant en même temps à ne pas laisser der-rière son armée, entraînée sur les sommets des Alpes , une puissanceennemie ou douteuse, il avait continué avec l’état de Venise les négocia-tions entamées en juin et juillet 179G, soit par le directoire, soit parles alliés de la France, tels que l’Espagne et la Turquie , soit par lui-même, alors qu’il ne restait plus que Mantoue aux Autrichiens. Tou-tefois, depuis cette époque, Venise n’avait cessé d’armer sans répondreaux prévenances de la France . Bonaparte, désirant depuis mettre touten œuvre pour décider Venise en faveur de la république, s’était adressédirectement aux chefs de l’état. Il voulut voir à Vérone le provéditeurgénéral Foscarini, à Brescia le provéditeur Mocenigo, qui le reçutmagnifiquement. Il avait eu aussi plus d’un entretien avec le provédi-teur Battaja, dont les opinions s’accordaient avec ses vues. Bien ne futnégligé de sa part pour soustraire Venise aux périls de sa politiqueastucieuse. A cette époque, par la plus juste représaille, les Françaisétaient entrés à Peschiera, qui avait reçu les Autrichiens, et Vérone setrouva pareillement forcée d’ouvrir ses portes au vainqueur de Beaulieu.Les propositions faites alors aux provéditeurs par le général en chef,afin d’amener Venise à des relations franchement amicales avec la répu-blique française, avaient été éludées par ce gouvernement, qui comptaitencore sur les victoires de l’Autriche . Peu de temps après, les défaitessuccessives de Wurmscr et d’Alvinzi changèrent totalement à l’avantage