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Tome premier.
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J80 HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1797.

vainqueur de l’Autriche fit le premier apprentissage du pouvoir sou-verain. Une partie de sa cour française , celle qui formait sa famille mi-litaire, était déjà soumise : quant à l’autre, composée des générauxqui, tels que Masséna, Augereau, Bernadotte , Serrurier , comman-daient des divisions, elle resta rebelle à ces nouvelles habitudes jus-qu’au temps où la révolution, la république et la liberté passèrent auservice de l’empereur Napoléon. Un corps diplomatique était accréditéde fait auprès du général qui ne portait plus d’autre titre que celui delibérateur. Il se trouvait habituellement en présence de l’Europe , et mal-gré le caractère républicain qui constituait toute sa position, il sc lais-sait aller à afficher une sorte de majesté dans sa représentation, enéchange des respects de toute nature dont les envoyés de tant de puis-sances différentes lui apportaient chaque jour l’hommage. Cependantcette vie de palais, bien loin d’ètre oisive, dut une véritable grandeurà la gravité des opérations de haute politique qui changèrent pour lemoment la face de l’Italie .

La première fut la révolution qui donna à la république de Gènes Jenom de république ligurienne. Cette fois encore un Doria l’appela à laliberté ; cette fois aussi la légation française avait, comme à Venise ,préparé le mouvement populaire. Philippe Doria commença l’insurrec-tion le 22 mai, à la tète de douze mille ouvriers qui demandèrent l’a-bolition du. gouvernement aristocratique. Les inquisiteurs d’état, prêtsà repousser les patriotes par les mêmes moyens, lancèrent contre euxles charbonniers et les porte-faix. Le succès, d’abord incertain, se dé-cida , le 24, en faveur de l’aristocratie, et de grands excès, dont plu-sieurs Français furent les victimes, signalèrent la fureur de ces deuxpopulaces. La bourgeoisie resta neutre : mais il lui appartenait de con-sommer une révolution qui devait l’affranchir du joug des nobles. Aus-sitôt que le général en chef apprit que le sang français avait coulé àGènes , il y dépêcha son aide de camp Lavalette, avec la mission d’exi-ger la mise en liberté de tous les Français que, sous le nom de Jaco-bins , l’inquisition d’état avait fait arrêter, le désarmement des char-bonniers et de la populace, et l’arrestation des inquisiteurs. Lavalettearriva le 29 mai, et se rendit au sénat, qui prescrivit l’élargissementdes Français . La bourgeoisie, se voyant soutenue par le grand libéra -leur , se réveille et veut aussi le désarmement des sicaires de l’oligar-chie. Le soir, quatre mille fusils revinrent à l’arsenal. La bourgeoisie