HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1707. 181
avait la majorité dans le petit conseil, et bientôt on sut qu’une divisionfrançaise était entrée à Tortone . Cependant, le sénat n’accordant pasl’entière satisfaction qui avait été réclamée, le ministre de la républiquerésolut de quitter Gènes ;mais à la demande qu’il fit de ses passe-ports,le sénat, se ravisant, ordonna le désarmement complet des charbon-niers , l’emprisonnement des trois inquisiteurs, et envoya une députa-tion à Montebello, composée du doge Cambiaso et des sénateurs Serraet Carbonari , et conduite par le ministre Eaypoult. De cette ambassaderésulta, le G juin, la convention de Montebello, qui prononça la des-truction du gouvernement oligarchique et l’établissement d’une démo-cratie. Cette constitution devait être soumise à la sanction du peuple,le 14 septembre suivant. Le général Bonaparte nomma les douze ci-toyens qui, sous la présidence du doge, devaient former le gouverne-ment provisoire. Leur installation eut lieu le 13 juin. Elle fut, ainsiqu’à Venise , célébrée révolutionnairement par le peuple. On brida lelivre d'or sur une place publique : on arracha les armoiries dans toutela ville, et la populace, qui, dans de semblables crises, fait une guerreà mort à toutes les supériorités, brisa les images des grands hommesde la république. Six mille Liguriens furent organisés par le généralDuphot et eurent bientôt occasion de servir la nouvelle république ;car, dans le mois de septembre, une conspiration organisée à Pise fitinsurger la rivière du Levant, et d’autres parties du territoire génois.Duphot marcha contre les rassemblements, et fut repoussé jusque dansGènes , dont un fort tomba môme au pouvoir des insurgés ; mais, se-couru par nos troupes accourues de Tortone , et par les habitants del’autre rivière, il reprit l’offensive et détruisit bientôt les derniersefforts de l’aristocratie génoise.
Le 13 juin, la Yalteline, que le voisinage, la langue et la religionattachaient au Milanais, dont elle avait été démembrée dans le seizièmesiècle, impatiente de porter plus longtemps le joug des Ligues Grises,proclama son indépendance. L’exemple donné par la terre ferme de Ve-nise et par les nouvelles démocraties de l’Italie était contagieux pourles habitants de la Yalteline. En vertu d’un abus singulier du pouvoirdans une république fédérative comme la république helvétique , lepays de Vaud était sujet du canton de Berne, le bas Valais l’était duhaut Valais , et la Valteline des Ligues Grises; ces tyrannies républi-caines allaient bientôt disparaître. Les Valteliens, insurgés dans le mois