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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1797, 1798. 209

diatrice et de garant du traité de Westphalie, n’avait pas été heureusedans le choix de son ambassadeur, le comte de Fersen , ex-colonel durégiment français Royal-Suédois, et si connu par son opposition à larévolution : le général Bonaparte lui défendit de reparaître. De grandesdifficultés s’annonçaient par la foule des plaintes et des demandes queformaient les princes dépossédés sur la rive gauche du Rhin. La cessionde Mayence commença le procès : il fallut toute la puissance autri-chienne pour imposer silence sur cette réclamation, dont la justice nepouvait être contestée. Fatigué déjà de la perspective des obstacles qui.devaient à chaque pas entraver la négociation qu’il présidait au nom dela France, Bonaparte se hâta de conclure, le 1 er décembre, la conven-tion pour la remise de Mayence aux troupes de la république, et pourla remise de Palma-Nova et de Venise aux troupes autrichiennes. Aprèsla signature de ce traité purement militaire, qui complétait celui deCampo-Formio, il déclara à Treilhard et à Bonnier qu’il regardait samission comme finie. Le 5 décembre, il arriva à Paris incognito et des-cendit dans sa petite maison de la rue Chantereine, que par une déli-bération spontanée le corps municipal appela rue de la Victoire.

Moins indépendant que les municipaux de la capitale, le conseil desAnciens ne put décréter l’acte par lequel son comité décernait, à titrede récompense nationale, au héros pacificateur, le domaine de Cham-bord et un grand hôtel à Paris . Le directoire voulut se charger seul dela reconnaissance publique. Mais bientôt il comprit tout son danger env °yant de quel enthousiasme universel Bonaparte devenait l’objet. LeP e uple, les soldats exprimaient leur admiration par des cris de joie surs °u passage, par des chansons où ils célébraient ses exploits. Le direc-toire s’effraya justement de cette puissance de la gloire, à laquelle ildut se soumettre lui-même, trop faible qu’il était pour l’honorer digne-ment ou pour la braver. Toute sa politique se réfugia dans une fêteextraordinaire, triomphale, inusitée, dont la pompe excessive montratoute autre chose que de la grandeur. Cette exagération de la gratitudedirectoriale ne trompa personne, ni celui qu’elle regardait, ni la foulotoujours éclairée des spectateurs. La remise du traité par Bonaparte Se rvit de prétexte à cette fête. Elle eut lieu le 20 frimaire ( 10 décembre)au palais du Luxembourg, en présence des ambassadeurs d’Espagne ,de Naples, de Sardaigne , de Prusse, de Danemarek, de la Porte Otto-mane, des ministres des républiques batave, cisalpine, helvétique , ligu-E U