210 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1797, 1798.rienne, genevoise, et des envoyés de Toscane , de Wurtemberg, deBade, de Fi’ancfort, de Hesse-Cassel . La vaste cour du palais fut dis-posée pour cette solennité sans exemple, à laquelle aucun édifice publicne pouvait suffire. Les généraux Joubert et Andréossy y tenaient le dra-peau donné par le corps législatif à l’armée d’Italie, et qu’ils ramenaientcouvert d’inscriptions, où on lisait en lettres d’or les noms de soixante-sept combats, et des dix-huit batailles rangées, ou affaires importantes,dans lesquelles nous avions vaincu, à Moutenotte, Millesimo , Mondovi,Lodi, Borghetto, Lonato, Castiglione, Boveredo, Bassano, Saint-Georges, Fontana-Yiva, Caldiero , Arcole, Rivoli, à la Favorite, auTagiiamento, à Tarvis, enfin à Neumarck, pendant les campagnesde 1796 et de 1797. Au milieu de la cour s’élevait l’autel de la patrie,surmonté des statues de la Liberté, de l’Égalité et de la Paix. Les dra-peaux conquis en Italie se déployaient en forme de dais au-dessus descinq directeurs ; ils étaient pour eux l’épée de Damoclès. Les directeurs,drapés en costume antique, avec une magnificence théâtrale, s’éclip-saient , malgré le luxe de leurs vêtements, devant le général Bonaparte ,vêtu de l’uniforme de Lodi et d’Arcole, qui, par sa simplicité, laissaitvoir entièrement le guerrier qui le portait. Son cortège se bornait àquelques officiers de son état-major, couverts, ainsi que lui, de l’habitdes champs de bataille. Arrivé près de l’autel, Talleyrand-Périgord ,ministre des relations extérieures , en présentant Bonaparte au direc-toire, lui adressa un discours empreint du sceau d’un ardent républi-canisme, rempli d’admiration pour le vainqueur, et semé d’éloges pourle gouvernement qui avait su le deviner comme le choisir. On y remar-quait ce passage : « Ainsi tous les Français ont vaincu en Bonaparte ;ainsi sa gloire est la propriété de tous ; ainsi il n’est pas un républicainqui ne puisse en revendiquer sa part. Il est bien vrai qu’il faudra luilaisser ce coup d’œil qui dérobait tout au hasard, et cette prévoyancequi le rendait maître de l’avenir, et ces soudaines inspirations qui dé-concertaient , par des ressources inespérées, les plus savantes combi-naisons de l’ennemi, et cet art de ranimer en un instant les couragesébranlés, sans que lui perdit rien de son sang-froid, et ces traits d’uneaudace sublime, qui nous faisaient encore frémir pour ses jours, long-temps après qu’il avait vaincu, et cet héroïsme si nouveau, qui, plusd'une lois, lui a fait metti-e un frein à la victoire , alors qu’elle lui pro-mettait ses palmes triomphales. Tout cela, sans doute, était à lui; mais
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