216 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1797, 1798.cipation du pays de Yaud n’était qu’une affaire d’avant-poste politique.La guerre était contre l’oligarchie bernoise , qui se défendit un peumieux que celles de Venise et de Gênes . A la voix d’un vieux Helvétien,l’avoyer Steyger, trente mille hommes défendirent les approches deBerne, du côté de Soleure, contre Schauembourg ; du côté de Fri-bourg, contre Brune. Deux bataillons de la Côte-d’Or et de l’Yonne ,qui font partie d’une colonne de Brune, détruisent, avant d’arriver àMorat , l’ossuaire qui renferme quelques débris des Bourguignons vain-cus par les Suisses à la bataille de Morat, en 1476, sous Charles leTéméraire . Ce monument triomphal était pour ces bataillons un outragede famille. Après deux combats, l’un devant Soleure , l’autre devantFribourg, Berne se rendit par capitulation au général Brune. Lescantons furent tous désarmés. Ceux de Bâle et de Schaffouse étaientrestés spectateurs de cette lutte inégale. L’Helvétie dut proclamer, le22 mars, sa contre-révolution directoriale. Cette transmutation violenten’est que le prélude de celle que lui fera éprouver plus tard la contre-révolution consulaire. La politique de la France fut essentiellement pro-pagandiste depuis le commencement de la révolution jusqu’à la chutede l’empire, où la Suisse figura seule comme république impériale. En1798 , l’Helvétie ne cède pas seulement à nos armes : elle ploie sousle joug du traité germanique de Radstadt . Vingt millions et l’un des plusriches arsenaux de l’Europe tombèrent à Berne au pouvoir des vain-queurs. Ces armes, ce trésor avaient leur destination. Peut-être furent-ilsl’objet principal de la guerre d’Helvétie, indépendamment de cet intérêtde vanité si impolitique, qui portait le gouvernement du Luxembourg àsceller du timbre directorial les constitutions des états conquis. La Suisse perdit de plus son intégrabté ; car indépendamment de la réunion de laValteline à la Cisalpine, et du petit état de Mulhausen au départementdu Haut-Rhin, le 26 avril, la république de Genève s’incorpora à lagrande république sous le nom de département du Léman . Toutefoiscette politique envahissante et convertissante du directoire, contre l’Hel-vétie et contre l’état romain, n’était pas sans quelque grandeur, dansle moment où, sous le poids de sa rupture violente avec l’Angleterre,il négociait à Radstadt la paix du continent ; mais il traitait à l’ombredes lauriers d’Italie . Dès le 1" mars, la députation de l’empire avaitreconnu au congrès toute la rive gauche du Rhin pour limite de laFrance ; et, le 8 avril suivant, fier de tant de succès, le directoire faisait
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