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Tome premier.
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218 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1797, 1798.de reconnaissance pour le général qui, en s’assurant l’indépendance parune entreprise lointaine, rendait réellement la sécurité au directoire.

La France apprend tout à coup que trente mille hommes et dix millemarins sont réunis dans les ports de la Méditerranée, qu’un armementimmense se fait à Toulon . Treize vaisseaux de ligne armés en guerre ,deux en flûte, quatorze frégates, parmi lesquelles huit flûtes, quatre centsbâtiments de transport sont équipés pour conduire à une destinationinconnue cette nombreuse armée, dont les généraux appartiennent déjàpar de hauts faits d’armes à la gloire de la France , et la plupart à celledu vainqueur de l’Italie . Au nombre des principaux on compte Berthier,Caffarelli, Kléber, Desaix, Reynier, Lannes, Damas, Murat, Andréossy,Befliard, Menou, le mulâtre Dumas, Baraguay-d’Hilliers, Vaubois,Bon, Dugua, Dommartin et Zayonscheck. La flotte obéit à cet amiralBrueys qui commandait dans l’Adriatique pendant la campagne d’Italie ,et aux contre-amiraux Villeneuve , Duchayla, Decrès et Gantheaume .La nation se demande pourquoi la commission des arts et des sciencesenvoie à Toulon cent de ses membres pris dans chacune de ces classes :est-ce un nouvel état que la France veut fonder? Où va-t-elle en mêmetemps porter sa liberté et sa civüisation ? On parlait également alors dela Grèce, de l’Inde, de l’Égypte .

Bonaparte a composé son état-major : il prend pour aides de campson frère Louis, Eugène Beauharnais , Duroc, Croizier, Julien, Lava-lette, le fils du directeur Merlin, et le brave Sulkowski , noble Polonaisqui s’est voué à la fortune du grand capitaine. Les convois de Gênes ,de Civita-Vecchia, de Bastia ont reçu ordre de se rallier à la flotte deToulon. Bonaparte a tout proposé, les places de l’armement, les beuxde la réunion des troupes, les points de la descente : tous les projetsactuels et futurs de la mystérieuse expédition sont son ouvrage ; rienn’a été oublié pour la faire réussir. On assure même que Barras, quien secret souhaite peut-être plus qu’aucun autre cle ses collègues l’éloi-gnement du vainqueur de vendémiaire, a tout écrit sous la dictée deBonaparte. Enfin, le ministre Talleyrand doit, après le départ de l’ar-mée , aller en ambassade extraordinaire à Constantinople , afin d’amenerla Porte à agréer les motifs de l’entreprise, et dans le but de l’intéresserà s’unir à la France , qui veut briser le joug de la domination britan-nique sur le commerce de l’Inde et de la Méditerranée ; cette missionforme la condition principale du commandement accepté par le général