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Tome premier.
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248 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1798, 1799.aux habitants du Caire, à son retour de Syrie . Là est le témoignagesans justification de la destruction des prisonniers de Jaffa . Les Égyp-tiens et les mameluks qui se trouvaient parmi eux furent renvoyés enEgypte sous l’escorte d'un détachement de dromadaires.

Avant de quitter Jaffa, Bonaparte y établit un divan, une garnisonet un grand hôpital. Des symptômes de peste s’étaient manifestés.Plusieurs hommes de la 32' demi-brigade en avaient été atteints, et unrapport des généraux Bon et Bampon alarma sérieusement le généralen chef sur la propagation de ce fléau. Alors s’ouvrit à Jaffa l’hôpitaldes pestiférés, et eut lieu cette scène fameuse dont M. Gros a fait undes chefs-d’œuvre de la peinture française. Bonaparte entra dans toutesles salles, accompagné des généraux Berthier et Bessières, de l’ordon-nateur en chef Daure, et du médecin en chef Desgenettes. Le généralpai’îa aux malades, les encouragea, toucha leurs plaies en leur disant :« Vous voyez bien que cela n’est rien. » Lorsqu’il sortit, on lui reprochavivement son imprudence. Il répondit froidement : « C’est mon devoir;je suis le général en chef. » Cette visite et la générosité de Desgenettes,qui, s’inoculant la contagion en présence de nos soldats, se guérissaitpar les remèdes qu’il leur prescrivait, rassurèrent le moral*de l’armée,singulièrement ébranlé par l’invasion d’une aussi horrible calamité ; etdès ce moment tous les hôpitaux furent soumis au môme régime sansdistinction.

L’armée se dirige sur Saint-Jean-d’Acre. Dans sa marche savante etrapide, elle enlève toutes les positions des nombreux ennemis qui l’at-taquent; mais elle ne triomphe pas de tous les obstacles. J1 y eut uneaffaire assez meurtrière à son désavantage avec les Naplousains. Nostroupes furent repoussées, et le chef de brigade Barthélemy perdit lavie. C’était la seconde fois que les Français échouaient contre les habi-tants de Naplouse; pendant le siège de Jaffa , le général Damas tentaune malheureuse reconnaissance vers leurs montagnes ; il eut le brascassé, et beaucoup d’hommes hors de combat. En plaine, les Naplou-sains , comme les peuples à qui la tactique est inconnue, devaient céderà la discipline européenne. Ils ne savaient pas faire la guerre, mais ilssavaient défendre leurs foyers dans les fortifications que la nature leuravait données. Cependant Kléber, Lannes-, Murat, Junot, Reynierrivalisent de bravoure et de talent, pour suivre les inspirations auda-cieuses et les profondes combinaisons du général en chef. La prise de