CHAPITRE II.
1800 .
liatoille de Marengo.
L’Autriche s’était laissé entraîner par l’or et les intrigues de l’An-gleterre. Cette puissance rassemblait à Minorque , sous les ordres dugénéral Abercrombie, qu’Augereau avait cbassé de la Hollande, destroupes nombreuses qu’elle destinait à soutenir les opérations des Au-trichiens sur Gênes et peut-être même sur le Yar. L’Empire, la Ba-vière , la Suède, le Danemark, la Porte et la Russie faisaient égalementpartie de la coalition. Mais le premier consul, grâce à une démarcheimprévue et pleine de générosité, inspira à l’empereur Paul une sorted’admiration fanatique pour sa personne, le sépara de nos adversai-res et le rendit ennemi de l’Angleterre. Il existait en France une grandequantité de prisonniers russes, provenant de la campagne du généralBrune en Hollande et de celle de Masséna en Suisse . Instruit du ca-ractère chevaleresque de l’empereur, Bonaparte fit habiller à neuLchacun avec l’uniforme de son régiment, ces nombreux prisonniers »qu’il renvoya en Russie , en payant tous les frais du voyage, et sansaucune proposition d’échange. Bonaparte avait bien jugé Paul I er • ^' ,cprince fut si vivement frappé de cette action, qu’il rappela d’Allema-gne toutes ses troupes, rompit le pacte britannique et chassa les An-glais de sa capitale. La défection si subite de la Russie , sans prélimi-naires , jeta sur la coalition un grand discrédit, et lui ôtait aussi unauxiliaire important. Le premier consul ne perdit point de temps pourenlever encore à ses ennemis d’autres alliés : il envoya Duroc à Berlin ,