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Tome premier.
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320
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320 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — -1800, 1801.

Les opérations du général Moreau commencèrent le 25 décembre ;les avant-postes des deux armées se trouvaient entre l’Inn et User.C’était donc l’Inn qu’il fallait franchir pour atteindre l’archiduc. Ceprince, à la tête de cent vingt mille hommes, pressé par les ordresdeYienne, forma le projet d’envelopper l’armée française, bien infé-rieure en forces à la sienne, et marcha sur Hohenlinden avec l’intentionde livrer bataille dans la vaste plaine d’Anzing . Ce dessein fut bientôtpénétré par son habile adversaire, dont les manœuvres, véritable chef-d’œuvre de stratégie, brisèrent tout à coup le plan du conseil aulique,et obligèrent l’archiduc à combattre sur un terrain moins vaste, inter-médiaire entre les deux rivières, et en l’isolant de toute coopérationavec l’armée du Tyrol. Plusieurs jours furent donnés à cette merveil-leuse combinaison, dont le succès eut pour théâtre le village et la forêtde Hohenlinden et les défdés. Le général Moreau confia au général Ri-chepanse le soin glorieux de décider sa victoire. Ce général, encore àprès de deux lieues du centre, reçut l’ordre de se mettre en route, le3 décembre, avec sa division, et d’assaillir les derrières de l’archiducquand on le verrai engagé dans les défilés. L’exécution de cette missionpérilleuse rencontra un puissant auxiliaire dans l’intrépidité du généralDrouet, qu’une première attaque sépara, avec sa brigade, de la colonnede Richepanse, et qui tint l’ennemi en échec ; Richepanse s’élança dansla forêt avec la 48° demi-brigade, porta le désordre sur les derrièresdes Autrichiens, tandis que le général Walther contenait leur cavalerie-Trois bataillons de grenadiers hongrois s’avancèrent en colonne serréecontre la troupe de Richepanse : Grenadiers de la 48 e , s’écria-t-il, <] uedites-vous de ces gens là ? — Ils sont morts ! répondirent les grenadiers,et ils remplirent leur parole dans le même moment. Cependant le braveNey enfonçait l’ennemi dans Hohenlinden . A deux heures après midi,trois champs de bataille proclamèrent le triomphe des Français . Onzemille prisonniers, cent pièces de canon , tombèrent en leur pouvoir. Andébut d’une campagne à laquelle l’Autriche attachait l’honneur et peut-être la sûreté de sa couronne, les Français avaient détruit le centreet une partie de l’aile gauche de sa grande armée, sous les ordres d’unarchiduc. Moreau, dont le génie avait assuré cet éclatant succès, voulutaussi se montrer juste, en partageant ses lauriers avec ses illustres géné-raux. Quelle époque que celle où les divisions d’une armée étaient com-mandées par Lecourbe, Grenier, Ney, Grouchy , Bonnet, Granjean, Bas-