322 HISTOIRE DE NAPOLÉON . - 1800, 1801.la nature, et l’hiver y avait ajouté chaque jour de nouveaux périls. Tantd’obstacles, qui hérissaient la chaîne des Alpes des Grisons , ayantparu insurmontables au général Macdonald, il chargea son chef d’état-major d’aller rendre compte au premier consul de la situation déplo-rable où il se trouverait à la dénonciation de l’armistice, lui et ses quel-ques mille soldats renfermés au fond d’une vallée, bloqués par lesglaces , privés de toutes communications avec les armées du Rhin et del’Italie , et observés par de nombreux ennemis , qui domineraient etarrêteraient tous ses mouvements dans les escarpements inexpugnablesdes montagnes , dont ils occupaient toutes les sommités et tous les sen-tiers. Mais le premier consul, après avoir entendu et interrogé le chefd’état-major, lui dit : « Nous enlèverons sans combattre cette immenseforteresse du Tyrol. Il faut manœuvrer sur les flancs des Autrichiens,menacer leur dernier point de retraite : ils évacueront sur-le-champtoutes les hautes vallées. Je ne changerai rien cà mes dispositions. Re-tournez promptement. Je vais rompre l’armistice. Dites à Macdonaldqu’une armée passe toujours et en toute saison partout où deux hommes peu-vent poser le pied. Il faut que, quinze jours après la reprise des hosti-lités, l’armée des Grisons se trouve aux sources de l’Adda, de l’Ogli°et de l’Adige ; qu’elle ait tiré des coups de fusil sur le mont Tonal, quiles sépare, et qu’arrivant sur Trente , elle forme la gauche de l’arméed’Italie , et manœuvre de concert avec elle sur les derrières de celle deM. de Rellegarde. Je saurai porter à temps des renforts où ils serontnécessaires : ce n’est pas sur la force numérique d’une armée, mais biensur le but, sur l’importance de l’opération, que je mesure celle ducommandement. » Telle fut la réponse du premier consul. Elle ne pou-vait avoir d’autres commentaires que l’exécution de ses desseins, et lui'même il en avait donné le signal en faisant dénoncer, le 8 novembre,l’armistice aux avant-postes autrichiens.
Dans le moment où Macdonald recevait cet ultimatum de Bonaparte ,la seconde armée de réserve, sous les ordres de Murat, avançait surles Alpes du Piémont , et, par son mouvement intermédiaire, elletenait en suspens les espérances de l’armée des Grisons et de celled’Italie , qui désiraient également sa réunion à leurs drapeaux. M a ' sle mystère de sa destination n’était connu que du premier consu ,et cette armée, après avoir traversé lentement le Piémont , qui vénalde voir le général Soult, par sa prudence et par sa fermeté, compriui er