HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1800, 1801. 325
s ür la demande même de l’archiduc Jean, a changé de général. L’em-Pereur occupé à passer, à Odenbourg, la revue de l’insurrection hon-groise , l’a fait avancer sur Vienne, . et a déclaré qu’il se chargeait lui-ttiême de défendre sa capitale. L’archiduc Charles, disgracié depuis laPaix de Campo-Eormio, appelé tout à coup par l’inquiétude et la con-fiance publiques, séjournait alors à Prague , où il formait les milicesfie la Bohème. C’était toujours à ce prince que la cour de Vienne recou-rait dans ces grandes calamités. Aussi bon citoyen qu’habile capitaine,fi eut la générosité d’accepter le titre de généralissime. Il dut à la peure t à la nécessité le retour de toutes les distinctions dont l’orgueil et lahaine de l’impératrice l’avaient fait dépouiller. Moins sensible toutefoisa cette faveur politique qu’à l’amour et à l’estime de sa nation, il serendit, pendant le mois de mars, à l’armée ; mais il arriva à Wels ,°h se trouvait le quartier général, la veille de la déroute de Schwan-s tadt, quand nous avions forcé la ligne de la Traün. Il prévit dès lorsle sort de la campagne ; cependant il chercha à rallier ses forces, et àleur faire prendre position sur la ligne de l’Ens, la dernière qui restâta défendre. Moreau pénétra le dessein de l’archiduc, et ne voulut pas^i laisser le temps d’attendre la jonction des levées hongroises et bo-hémiennes , alors en mouvement, et avec lesquelles ce prince pouvaitüous contraindre à accepter une bataille désespérée sous les murs detienne. En conséquence, Bichepanse reçut ordre de poursuivre et deSe porter à Kremsmunster , par où l’ennemi se retirait pour passer l’Ensh Steyer. A cette époque, il y avait émulation entre les généraux. L’in-fatigable Lecourbe, après avoir franchi les montagnes en quittant Saltz-hourg, avait atteint à Kremsmunster l’arrière-garde autrichienne ; il°ccupait la ville basse quand Richepanse y entra.
Le 20 décembre, l’armée française était en ligne au delà de la Traün.hc 21, le comte de Meerfeldt, le négociateur de Léoben , arriva en par-lementaire à Kremsmunster , au moment où Richepanse allait marcherSu r Steyer. Il demanda une suspension d’armes ; mais Moreau, à qui ilava it été prescrit de refuser tout armistice, à moins que l’AutricheIle se décidât à rompre avec la Grande-Bretagne, ne trouvant pas suffi-Sa Qts les pouvoirs du comte de Meerfeldt, qui n’était point autorisé àtraiter sur cette base, n’accorda l’armistice que pour quarante-huitheures, c’est-à-dire pour le temps matériellement nécessaire à la demandeet à la réception de nouveaux pouvoirs. Moreau lui déclara que, passé