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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1801.çaise et russe , de soixante - dix mille hommes, qui devait, en quatremois, arriver aux Lords de l’Indus. La ville d’Asterahad, sur la merCaspienne , en Perse, était le rendez-vous général. En concevant cetteaudacieuse entreprise, Bonaparte regardait l'Égypte , sauvait la généreusearmée qu’il y avait laissée, conservait à la France cette inappréciablecolonie, attachait à la métropole les intérêts unis de l’Afrique et de l’Asie ,détrônait la dominatrice des mers , abattait le Croissant et changeait laface du monde.
Mais le plus exécrable attentat servit alors la fortune britannique :dans la nuit du 24 mars , Paul I er trouva des assassins au sein mêmede son palais. Malgré une défense héroïque, ce prince périt de la ma-nière la plus barbare, par les mains les plus nobles de son empire.Après ce crime, qui préserva l’Angleterre de sa ruine, on lut dans leMoniteur de France : Paul I er est mort dans la nuit du 23 au 24 mars.L’escadre anglaise a passé le Sund le 30. L’histoire nous apprendra les rap-ports qui peuvent exister entre ces deux événements. La proclamation impé-riale de Pétersbourg publia que l’empereur était mort d’un coup d’apo-plexie!!!
La mort de Paul I e1 ' brisa la coalition du Nord. On prétend que cettenouvelle, parvenue au prince royal de Danemark , le 2 avril, au milieudu combat qu’il soutenait si vaillamment contre la flotte anglaise, ledécida à signer l’armistice proposé par Nelson. Aussitôt après la mortde l’empereur, Alexandre se hâta d’abjurer la conduite de son père,et, par un traité de commerce conclu le 17 juin de la même année, ilreconnut cet odieux droit de visite contre lequel l’honneur des nationsvenait de s’armer. Le Danemark, la Prusse et la Suède , dûrent accé-der à ce traité que la force leur imposa. Hambourg fut évacué par lesDanois, le Hanovre par les Prussiens, et tout le littoral du nord del’Europe rendu aux Anglais . Ainsi, un crime horrible, conçu et exé-cuté dans le palais impérial russe, palais tant de fois tragique, anéantitsoudain les espérances des neutres, dont les chefs du plus grand em-pire et de la plus grande république du monde avaient si généreuse-ment pris la défense.
Le Portugal , le seul allié de la Grande-Bretagne au commencementde cette année, restait ouvert par terre à l’invasion de la France et del’Espagne. C’était l’unique point du continent où Bonaparte pouvait at-teindre désormais la puissance anglaise ; il ne devait pas avoir d’autre