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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1801. 347

heureuse : elle fut attaquée, perdit son commandant, et la tempête ladispersa.

Bloqué à Toulon par sir Warren, Gantheaume reçut l’ordre impératifde se remettre en mer et de débarquer ses cinq mille hommes en Égypte .Il réussit à tromper encore la vigilance des Anglais ; mais la contagionse mit à bord, il dut se séparer de trois de ses vaisseaux. Avec le reste,il parvint en vue des côtes de l’Égypte . Toutefois , au moment d’effec-tuer son débarquement, il se vit assailli et forcé d’accepter la bataille ;il eut le bonheur d’échapper à la flotte de l’amiral Keith, forte de qua-rante voiles, et à l’escadre de sir Warren, et de rentrer glorieusementà Toulon après avoir capturé un vaisseau et une corvette.

Cependant Bonaparte , loin d’être rebuté par la connaissance quel’ennemi avait de son projet, y persista : le contre-amiral Linois dutappareiller de Toulon avec trois vaisseaux et une frégate, et aller join-dre à Cadix une flotte espagnole et française pour voguer avec elle versl’Égypte . Cette flotte comptait douze vaisseaux sous les ordres de l’ami-ral Moreno. Linois partit de Toulon ; mais, poursuivi par six vaisseauxanglais , il se jeta dans la baie d’Algésiras , où il leur présenta noble-ment le combat. Soutenu par les batteries de la côte, il força un vaisseauà amener pavillon et un autre à se retirer. Ce combat eut lieu le 5 juil-let 1801, et honora la marine française. Si l’amiral espagnol n’eût pasPerdu trois jours à sortir de Cadix et à arriver sur Algésiras , où il neparut que le 9, l’amiral anglais n’aurait pas eu le temps de se reposer,et la flotte combinée eût porté à la malheureureuse armée d’Égypte lesrenforts qu’elle attendait depuis si longtemps. Moreno fut attaqué pen-dant la nuit. Deux de ses vaisseaux, se croyant ennemis, s’abordèrent,et périrent par l’incendie. Les Anglais s’emparèrent d’un troisième. LeFormidable se débarrassa de plusieurs adversaires qui l’assaillirent à laf °is, et put revenir à Cadix . Ce navire méritait son nom ; il avait pourcommandant le brave capitaine Troude, qui devint depuis contre-amiral.Ainsi la fortune maritime manquait décidément à Bonaparte, et l’Égypte e spéra vainement des secours. Le général Abercrombie avait débarquéa Aboukir une armée de vingt - quatre mille hommes, combinée aveccelle du grand vizir qui venait de la Syrie , et les troupes que le général’laird amenait de l’Inde par Suez . Après plusieurs défaites, l’inhabileet présomptueux Menou avait perdu la bataille d’Alexandrie , où péritîe général en chef anglais ; et, le 30 août, il signa dans cette ville une