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ces positions. Les lignes télégraphiques furent multipliées de Paris àBoulogne , qui, placé en face de l’ennemi, s’offrait comme le port na-turel de l’expédition projetée. Bonaparte confia cette expédition au vice-amiral Latouche-Tréville, marin illustre que la France n’a pas remplacé.La persévérance et l’intrépidité triomphèrent à la fin de tous les obsta-cles de l’étroit blocus qui ceignait la France . Les flottilles construitessur les rivières arrivèrent successivement, sous la protection des batte-ries des côtes, au rendez-vous de Boulogne . Plusieurs actions entre leschaloupes françaises et les croisières anglaises donnèrent de la valeurà cette nouvelle lutte, et inquiétèrent souvent ce mépris hautain que lecabinet britannique affichait contre elle.
Dix-huit mois s’étaient écoulés depuis le retour de Bonaparte enFrance. En quittant l’Égypte , il avait promis des secours à l’armée qu’illaissait dans ce pays ; mais tant d’événements importants ne lui permi-rent pas de réaliser ses promesses ; seulement il en gardait le souvenir.L’armée expéditionnaire était malheureuse sous Menou, successeur duvainqueur d’Héliopolis, et elle désespérait à la fois de se maintenir enÉgypte et de revoir le ciel de France . Cependant, averti tout à coupqu’une flotte anglaise, sous la conduite de sir Ralph Abercrombie , serassemblait aux Baléares , pour coopérer avec une nouvelle armée tur-que à la délivrance de l’Égypte , le premier consul conçoit l’audacieuxdessein de prévenir cette réunion formidable, et d’envoyer égalementune armée à la défense du Nil . Le mystère impénétrable qui envelop-pait le projet de cette expédition devait aussi en couvrir l’exécution. Lecontre-amiral Gantheaume, qui avait ramené Bonaparte , fit voile deBrest avec sept vaisseaux et deux frégates , portant cinq mille hommesde débarquement sous les ordres du général Sahuguet. Cette escadrefut bientôt signalée ; mais l’amiral Harway prit le change sur son but,tant il lui parut hors de toute prudence que les Français osassent avecsi peu de forces tenter la navigation de la Méditerranée, et il envoya àleur poursuite une division dans les parages de l’Ouest. Tandis quecette division gouvernait sur les Antilles, Gantheaume franchissait ledétroit de Gibraltar et surprenait l'observation de sir Warren, qui ycommandait la station anglaise. Cependant, par cela seul, la destina-tion de Gantheaume 1 était connue. Chassé par l’escadre de la Manche,il dut relâcher à Toulon après avoir enlevé une frégate à l’ennemi. Uneflottille sortie de Rochefort pour seconder son opération avait été moins