CHAPITRE VI.
1802 .
Paix d’Amiens . — Amnistie des émigrés.—Réélection du premier consul pour dix années.— Légion d’honneur. — Consulat à rie.
L’ahhjée 1802 , sur laquelle il a fallu anticiper pour ne pas rejetertrop loin le récit des changements opérés en Suisse et intimement liésavec ceux que le premier consul accomplit dans le même temps en Hol-lande et à Milan , commença, ainsi qu’on l’a vu plus haut, par l’affilia-tion de la république italienne à la république française : le 15 février,fut signée la paix entre la France et Tunis ; le 25 mars, Paris entenditproclamer le traité de paix d’Amiens , entre la république française,l’Espagne , la république batave et l’Angleterre. Ce traité, qui décidait,à l’honneur immortel du premier consul, la grande question de laliberté des mers que le Nord avait perdue depuis la mort de Paul I ",restituait à la France et à ses alliés toutes les possessions conquises parles Anglais , excepté la Trinité et Ceylan. Le cap de Bonne-Espéranceretournait à la république batave ; il était ouvert au commerce et à lanavigation des parties contractantes; l’île de Malte déclarée indépen-dante, rentrait sous la puissance de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem .Cet ordre rebgieux et militaire, dépourvu de toute sympathie avec laFrance répubbcaine et l’Angleterre presbytérienne, avait été l’objet de laplus singulière adoption de la part de l’empereur schismatique de toutesles Bussies, qui prenait le titre de grand maître. L’ordre n’était, aufait, qu’un émigré dépouillé dans toute l’Europe, et dont la politiquede Londres devait faire un banni éternel. On remettait l’Égypte à la