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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1802. 361

ments du Pô, de la Doire, de la Sesia, de la Stura, du Tanaro et deMarengo. Voilà les fastes politiques extérieurs de 1802.

Quant aux fastes politiques intérieurs, ils portèrent visiblement l’em-preinte de ce pouvoir subitement colossal qui, debout sur les traités etles dépouilles de l’Europe , négociait déjà, à la manière des conqué-rants , avec les libertés et les institutions de son pays. Mais le génie deBonaparte , qui l’appelait invinciblement à la puissance absolue, luiinspirait aussi la grande idée d’élever la France au faîte des prospéritésindustrielles et des connaissances qui caractérisent la plus haute civili-sation. Il était déjà le maître du premier peuple du monde par sa gloiremilitaire ; il voulut aussi que ce peuple devînt le premier par sa gloirecivile. Ainsi, le 4 mars, un arrêté consulaire chargea l’Institut nationalde tracer un tableau général des progrès et de l’état des sciences, deslettres et des arts, depuis 1789 jusqu’en 1801. Ce tableau devait enoutre indiquer les découvertes d’une application utile à l’administrationpublique, spécifier les secours et les encouragements nécessaires auxsciences, aux lettres et aux arts, et désigner les perfectionnements dontseraient susceptibles les méthodes employées dans les différentes bran-ches de l’enseignement. L’instruction publique, confiée au célèbreFourcroy, reçut aussi une nouvelle organisation : on donna des écolesprimaires et secondaires aux communes ; on établit des lycées et desécoles spéciales aux frais de l’état : la loi qui autorisait toutes ces créa-tions parut le 1 er mai. Le 15 juin, une somme de 600,000fr. fut affec-tée aux progrès que les savants français ou autres pourraient faire faireau galvanisme et à l’électricité : le 4 octobre, la Société galvanique seforma à Paris ; le 16, des lycées étaient déjà ouverts dans plusieursgrandes cités, à Mayence, à Bruxelles, à Lyon ; le 18, un sénatus-con-s ulte, que ne désavouerait pas le gouvernement le plus libéral, accordales droits de citoyen français , après une année de domicile, à toutétranger qui, dans l’espace des cinq années suivantes, aurait bien mé-rïté de la république, par d’importants services, soit l’importationd’une découverte ou d’une industrie utile, soit la création d’un grandétablissement. Enfin, le 24 décembre, le consul ordonna la formationde chambres de commerce dans les principales villes de la république,e t d’un conseil général de commerce à Paris .

Ces institutions, ces décrets, rendaient un hommage éclatant auxtriomphes civils de la liberté. Mais cette liberté, la seule base constitu-