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Tome premier.
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373
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1801-1804. 373

le Port-au-Prince , dans l’intention d’y régler avec Boudet des affairesd’ordre public restées en suspens depuis la prise de cette ville par cegénéral.

Dans les premiers jours de mars, comme dans toute cette terriblecampagne, l’armée fut éclairée pendant sa marche par des incendies,et arrêtée par les massacres dont la férocité de Dessalines surtout avaitmarqué sa fuite. Sur le théâtre même de ses barbaries, ce monstrese vit poursuivre par le général Debelle, qui le poussa jusque dans le fortet dans le bois de la Crête-à-Pierrot. D’après cette nouvelle, le généralen chef, quittant le Port-au-Prince avec la faible escorte qui l’avait suivides Gonaïves, alla rejoindre la division Boudet, qu’il avait dirigée duPort-au-Prince sur le Mirebalais. Le 3 mars, cette division enleva avecune rare valeur le poste retranché de Trianon, et arriva aux bourgs deMirebalais et des Yerrettes, incendiés par Dessalines , qui venait de faireégorger la population blanche, au nombre de douze cents individus.Aux Verrettes, le général en chef ordonna une seconde attaque sur laCrète-à-Pierrot. Dessalines y avait rallié les débris et les réserves del’armée noire. Le mulâtre Lamartinière y commandait. L’assaut eut beu,malgré le feu terrible de la place, et sans artillerie, par les divisionsBoudet et Dugua, sous les ordres du général en chef. Les deux générauxy furent blessés, l’armée perdit six cents hommes, et l’on parvint en-core à rejeter les noirs dans leurs retranchements ; mais on reconnutque ce fort ne pourrait être emporté qu’avec les secours de l’artillerie.La prise de la Crête-à-Pierrot, véritable palladium de cette guerre,était de la plus haute importance.

Le général en chef transféra sou quartier général à Saint-Marc, enattendant l’arrivée de l’artillerie et des divisions Hardy et Rochambeau .Le 21 mars, ces généraux étaient sur l’Artibonite, devant la Crête-à-Pierrot. Dessalines l’avait quitté la nuit même et se voyait coupé dufort par le général Hardy ; il se retira sur les Hauts-Mornes. Quantà Rochambeau, après avoir battu Toussaint à la Ravine-à-Couleuvres,il venait de le mettre encore dans une déroute complète sur la chaînedes Cahos, qu’il avait franchie pour déboucher aussi sur le Mirebalais,te même jour, 21 mars, l’artillerie se trouva réunie. Le 23, T attaquefut opérée par les divisions Rochambeau, Boudet et Hardy. Le chef debataillon Bourke, aide de camp du général en chef, commandait la ré-serve ; cet officier avait sous ses ordres le chef de brigade Pétion, mis à