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Tome premier.
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374 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4801-1804.la tète de la 13 e demi-brigade coloniale : ce même Pétion , porté depuispar ses services et ses talents à la présidence de Saint-Domingue , eutl’honneur de fonder la république d’Haïti . Mais les noirs, assiégés detoutes parts, évacuèrent silencieusement le fort dans la nuit du 24au 23. On y trouva quinze pièces de canon, deux mille fusils et unefoule de cadavres. Le jour même, ce fort fut rasé et désarmé.

Il ne restait plus aux noirs aucune position pour continuer la guerredans la partie de l’Ouest. Le général en chef retourna, pour organi-ser l’administration, au Port-au-Prince , où il se fit précéder par ladivision Boudet, qui battit, chemin faisant, le noir Belair. Rocham-beau marcha sur les Gonaïves pour établir les communications avecPlaisance, et Hardy se porta sur le Cap, dont la faible garnison pouvaità peine résister aux attaques continuelles de Christophe. Hardy dutforcer encore les positions formidables du Dondon et de la Marmelade,et n’arriva qu’en combattant sans cesse jusqu’au Cap, où la division ba-tave de notre flotte débarqua, le 5 avril, deux mille cinq cents hommes.Hardy voulut avec ce renfort reprendre le Dondon sur Christophe , quiy avait concentré ses forces ; mais il dut renoncer à son entreprise, afinde ne pas répandre inutilement le sang européen, qui devenait de jouren jour plus précieux. Vers le milieu d’avril, le général Leclerc revintau Cap. Le général Rochambeau remplaçait dans l’Ouest le général Bou-det , parti pour les Iles-du-Vent. Enfin décidés, soit par l’exemple desgénéraux Paul Louverture, Clervaux , Maurepas, Laplume qui jouis-saient de leur grade et de leur traitement, soit par la terreur des armesfrançaises, soit aussi peut-être par les instructions cachées de Toussaint,Christophe et Dessalines présentèrent également leur soumission. Elledevança, comme une sorte de manœuvre politique, la soumission deleur chef, qui, conformément à la volonté du général Leclerc, vint serendre au Cap avec son état-major et sa compagnie des guides, hommeschoisis et éprouvés, dont le dévouement lui resta fidèle jusqu’au der-nier moment.

Après une longue conversation secrète, où Toussaint n’opposa auxreproches du général Leclerc, sur sa rébellion, que le silence ou la dé-négation, ce dernier lui offrit de servir dans nos rangs comme un deses lieutenants, avec le grade de général de division. Mais Toussaintrefusa, plutôt par calcul que par fierté ; il demanda à se retirer dans ledomaine d’Ennery, dont il avait fait son apanage. Sa demande lui fut