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Tome premier.
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376 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1801-1804.avait établis ; il confirma les baux à ferme de toutes les propriétés va-cantes , qui jamais ne furent aliénées ; il consacra le servage de la glèbepour les cultivateurs, à qui on allouait le quart des produits ; il ouvritles ports de la colonie à tous les pavillons sans préférence : aussi, enpeu de temps, le Cap se releva de ses cendres, ainsi que la plupart desvilles incendiées ; beaucoup de colons revinrent; les ports se remplirentde bâtiments de commerce français et étrangers ; la perception des fer-mages et des droits à l’importation et à l’exportation assura le servicede l’administration et de l’armée ; des traites, dont avant le départ del’expédition le gouvernement français avait prescrit et garanti l’émis-sion, passèrent en payement au commerce, pour les subsistances, pourl’entretien des hôpitaux, pour tous les besoins de la colonie. Les Amé-ricains se distinguèrent par l’activité de leurs transports en tout genreet par le plus honorable désintéressement. Aucun d’entre eux, ni le gou-vernement colonial lui-même, ne soupçonnait que les traites données etreçues pour le salut de Saint-Domingue et du soldat seraient rejetéespar le gouvernement français , et qu’une odieuse banqueroute devien-drait le prix d’une confiance aussi généreuse. Le général Leclerc, quine pouvait prévoir un tel manque de foi, obtint par tous ces moyens,après la plus brillante campagne, les plus beaux résultats d’une grandepacification civile : l’abondance et la sécurité. Dans la vue d’assurer detels bienfaits, il forma un conseil de notables pris dans les trois racesd’habitants ; attentif à intéresser ainsi les trois couleurs au maintien del’ordre établi, il cpnsacra, par de nouvelles nominations aux fonctionsjudiciaires et municipales, et à celles d’inspecteurs des cultures, leschoix faits par Toussaint, avec une merveilleuse sagacité, parmi leshommes les plus recommandables de la colonie.

Mais, par un rapprochement fatal, le 7 mai, qui avait signalé à Saint-Domingue la soumission de Toussaint-Louverture , vit débarquer à laPointe-à-Pitre, à la Guadeloupe , trois mille cinq cents hommes arrivésde Brest . A la fin de l’année précédente, le mulâtre Pélage avait pro-clamé l’indépendance de la Guadeloupe , et embarqué sur un bâtimentle capitaine général Lacrosse , surpris et enlevé au moment où il visi-tait ses avant-postes extérieurs. Bientôt les noirs s’étaient emparés dela révolution de Pélage; et ce fut contre eux que le général Richepanse,qui commandait cette expédition, aidé des secours de Pélage, dut em-ployer une valeur tant illustrée à la bataille de Hohenlinden . Après