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Tome premier.
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382
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382 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1801-1804.Rochambeau reçut l’ordre impératif de France de revenir au Cap, etd’y établir le siège du gouvernement. Il arriva le 24 juin 1803 danscette place, où il se trouva bloqué par une croisière des Anglais , quicernèrent également les villes de Port-au-Prince et des Cayes. Les gar-nisons françaises, éparses sur le littoral du Sud et de l’Ouest, trai-tèrent avec les Anglais , ou avec les noirs, et de préférence avec ceux-ci , qui, à la honte de la politique britannique, imposaient toujoursdes conditions moins dures. Le général Lavalette, resté au Port-au-Prince pour l’évacuation, capitula avec Dessalines ; mais tous les na-vires sur lesquels s’entassa la population blanche de cette ville furentpillés en mer par les Anglais , qui violèrent ainsi la convention émanéede leurs nouveaux alliés. Le général Brunet remit les Cayes aux An-glais ; Saint-Marc s’était rendu; Jérémie avait été abandonné par legénéral Fressynet. La métropole ne possédait plus que le Cap et leMôle, quand, le 18 septembre, une armée de quinze mille hommes,soutenue par le blocus d’une escadre anglaise, assiégea le Cap. Les no-tables engagèrent le général en chef à s’entendre avec l’escadre ; maisles propositions du commodore furent si exagérées, que Rochambeauaima mieux avoir affaire au barbare Dessalines . Celui-ci lui donna dixjours pour se retirer. Cependant l’espoir qu’avait Rochambeau de pou-voir tromper la poursuite des Anglais à la faveur du gros temps, s’éva-nouit, et il se vit forcé, à l’expiration des dix jours, en raison de l’étatde la mer, de se mettre à la discrétion de la flotte anglaise , ainsi quel’immense quantité de bâtiments qui portaient tout ce qui survivait del’armée expéditionnaire et de la population blanche.

Toutefois, une action brillante honora la retraite de la malheureusearmée française . Le général Noailles, ancien membre de l’assembléeconstituante, commandait le môle Saint-Nicolas; voulant partir sanscapitulation et éviter de négocier avec les Anglais , qu’il connaissait bien,il fit embarquer sa garnison, et au passage de l’immense convoi du Cap,il se mit à sa suite, sans être observé par la croisière ennemie : arrivéà une certaine distance, il quitta la flotte avec les sept voiles qui l’ac-compagnaient, et les conduisit dans un port de l’île de Cuba . De là ilse rendait, sur un brick armé et monté par des troupes, à la Havane,où il espérait rejoindre le général Lavalette, qui venait de périr dans latraversée de la Havane à Saint-Domingue , lorsqu’il fut rencontré parune corvette anglaise qu’il prit à l’abordage avec ses grenadiers. Dans