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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1801-1801.tation plus élevée les força à la retraite. Ce succès lui inspira la mau-vaise pensée de suivre une marche différente de celle de son prédéces-seur : au lieu de continuer à se concentrer dans l’enceinte du Cap, laville la plus au vent de la France et la véritable position militaire de lacolonie révoltée, le capitaine général voulut reprendre le fort Dauphin et le Port-de-Paix ; le général Clauzel se chargea de cette entreprise,qui réussit. Leclerc avait, par une raison éclairée, traité constammentavec une distinction particulière la race mulâtre, dont la parenté fran-çaise , l’intelligence, la bravoure et la haine pour la race noire, luifaisaient une alliée naturelle ; Rochambeau la persécuta : plusieursbraves officiers de cette couleur, qui dominait dans la partie du Sud,et entre autres le commandant Bardet, qui, en remettant le fort Bizo-ton au général Boudet, avait sauvé le Port - au-Prince de l’incendie etles blancs de l’assassinat, furent proscrits. Dès ce moment, la ven-geance la plus acharnée réunit les noirs et les mulâtres ; ces derniersexercèrent dans le Sud d’horribles représailles pour satisfaire aux mâ-nes de leurs chefs si barbarement immolés.

Rochambeau ajouta une faute bien grave à ses cruautés : il trans-porta au Port-au-Prince le siège du gouvernement, et laissa le généralClauzel, avec une faible garnison, chargé de la défense du Cap. Bien-tôt un nouvel ennemi se joignit à ceux que le général en chef venait desusciter contre son armée ; cet ennemi, le redoutable appui des noirs,était la Grande-Bretagne. Le traité d’Amiens allait être rompu. Alorsl’insurrection générale, fortifiée par les secours qu’elle reçut des An-glais , en armes et en munitions, pressa plus vivement ses opérationsoffensives, de sorte qu’en peu de jours toutes les positions de l’Ouestet du Sud tombèrent au pouvoir des insurgés. Le général Laplume tintjusqu’au dernier moment ; mais depuis la proscription des mulâtres ,les hommes de cette couleur s’étaient rassemblés dans le Sud, sous lesordres d’un nouveau chef nommé Ferou , qui combina avec les géné-raux noirs l’expulsion des Français . Ne pouvant résister à tant de forcesconjurées, le général Laplume dut se réfugier au Port-au-Prince , et delà il s’embarqua pour l’Espagne , où il mourut. Le Sud une fois oc-cupé par l’ennemi, les subsistances manquèrent totalement au Port-au-Prince ; la famine à son tour jeta le désespoir dans cette malheureuse■ville de l’Ouest, la seule où les Français se maintinssent encore, à laVeille d’être assiégés par les armées noire et mulâtre réunies, quand