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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4803. 385

s’alarmait justement de la lenteur plus qu’équivoque que l’on mettait àremettre l’ile de Gorée à la France , à la république batave le cap deBonne-Espérance, enfin l’île de Malte à l’ordre de Saint-Jean . Si larépublique française avait recueilli, depuis la paix d’Amiens , des avan-tages dès longtemps en réserve et préparés par une politique dont letraité n’avait pu nullement établir la discussion, il n’en résultait paspour l’Angleterre le droit de crier à la violation, encore moins celuid’arguer du traité de Lunéville, auquel elle avait obstinément refuséd’intervenir. Le point de départ, pour la Grande-Bretagne et pour laFrance , était la complète et fidèle exécution des stipulations convenuesentre elles : or, l’objet le plus important, celui sans lequel jamais laFrance ne consentirait à poser les armes, la restitution du cap et de l’îlode Malte, paraissait plus qu’ajourné au premier consul. Son intérêt etson droit lui prescrivaient donc de hâter de tout son pouvoir l’augmen-tation de sa prépondérance continentale, afin d’y trouver une sorte debalance avec la continuation d’occupation des deux possessions mari-times que l’Angleterre retenait contre la foi récemment jurée. Le champde la difficulté offre un cercle vicieux, qui ne pouvait longtemps conte-nir deux adversaires aussi forts sans se briser sous leurs discussions.L'Angleterre disait : « La France s’est agrandie depuis notre traité; » laFrance disait : « L’Angleterre n’exécute pas notre traité. » Un tel procès,dont les parties étaient les seuls arbitres, ne devait se juger que par laguerre. Déjà, depuis les engagements définitifs, M. Moore, l’un dessecrétaires de la légation anglaise à Amiens, avait été envoyé en Suisse pour donner à la diète de Schwitz des assurances positives de la protec-tion britannique contre la France ; bien plus, lord Hawkesbury avaitmême remis à l’ambassadeur Otto, à Londres , une note par laquelleson gouvernement blâmait l’intervention française dans les affaires del’Helvétie. Mais comme les autres puissances, près desquelles la diète deSch-witz avait également député, s’étaient renfermées dans un silencepresque absolu sur ses réclamations, l'opposition de l’Angleterre neput empêcher l’acte de médiation donné par le premier consul à laSuisse , le 19 février 1803.

Cependant les cabinets de Paris et de Londres avaient recommencéleurs hostilités périodiques dans les journaux, et, malgré l’animositéde ces débats publics, ils reprirent aussi des négociations supplémen-taires, en exécution de leur traité. On n’oublia pas non plus un autre

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