386 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1803.
moyen de s’entendre, celui d’armer à outrance ; et les deux nationsmarchaient tellement d’intelligence ayec leurs gouvernements , quel’enthousiasme de la guerre avait, peu de mois après la signature dutraité d’Amiens , rendu aux esprits la même exaspération qu’avant lapaix. L’arène des journaux, où malheureusement le premier consul nedédaignait pas de descendre lui-même, offrit un échange perpétueld’offensantes personnalités, poussées à un tel point de violence de lapart des écrivains anglais , que, le 16 août, l’ambassadeur Otto pré-senta une note officielle dans laquelle il était demandé que l’Angleterredéfendît tout ce qui serait défendu en France par rapport aux intérêts récipro-ques des deux nations. Cette note réclamait aussi l’éloignement des émigrésde l’île de Jersey, l’expulsion de l’Angleterre des évêques de Metz et de Saint-Pol, la déportation au Canada de Georges et de ses adhérents, et le renvoi detous les Français qui porteraient en Angleterre les décorations de l’anciennemonarchie. Enfin, par une autre prétention bien remarquable à unepareille époque, surtout en raison de la catastrophe qui frappa le ducd’Enghien l’année suivante, le premier consul exigeait encore que tousles princes de la maison de Bourbon fussent requis de se rendre à Varsovie près du chef de leur famille. C’était, à peu de chose près, proposer à laGrande-Bretagne le sacrifice de sa constitution, que de lui demanderla violation des deux garanties fondamentales les plus chères à toutenation fibre: celle de la presse et celle de l’habeas corpus. Une telle exi-gence devenait souverainement impofitique de la part du premier con-sul, en ce qu’elle devait le rendre odieux à tout le peuple anglais . Ilpouvait parler ainsi aux républiques qu’il venait de reconstituer, maisavec l’Angleterre il fallait un tout autre langage; et, bien que ce lan-gage ne fût que l’expression de la désunion qui existait déjà entre lesdeux gouvernements, la prudence défendait de la faire connaître à laFrance et au reste de l’Europe. Le cabinet de Londres annonça qu’ilrépondrait à cette note par son ambassadeur. Lord Withworth partitpour Paris , et le général Andréossy vint remplacer à Londres'M. Otto,appelé à la mission des États-Unis .
Le traité d’Amiens portait : « Art. 6. Le port du cap de Bonne-« Espérance reste à la république batave en toute souveraineté.
« Art. 8.Les territoires, possessions et droits de la Sublime Porte sont« maintenus dans leur intégrité, tels qu’ils étaient avant la guerre. '
« Art. 10. Les îles de Malte, de Gozo et de Comino seront rendues à